18.06.2007
Echec
Depuis 1978, l’alternance parlementaire était la règle. Pour la première fois, la droite succède à la droite.
Endiguer la vague bleue, après l’élection de Nicolas Sarkozy relevait des travaux d’Hercule. Or, Hercule n’était pas un homme, c’était un demi-dieu.
Certes, la victoire peut paraître amère pour la droite. Elle ne gagne pas la quasi-totalité des sièges de députés et Alain Juppé, numéro 2 du gouvernement, chargé d’une mission symbolique et essentielle – faire de l’écologie une priorité – a été battu et va disparaître de la politique.
Mais, tout cela reste bien secondaire et les réalités sont autres : la gauche a perdu. Elle n’a pu atténuer la défaite que grâce aux maladresses de messieurs Fillon et Borloo qui ont révélé, par hasard, leur volonté de taxer les ménages, de leur faire supporter une hausse insupportable de la TVA.
Il faut donc tout reprendre à la base. Redevenir une force de proposition qui épouse le XXIème siècle. Le temps des mineurs de fond est révolu, les thèses marxistes sont dépassées. La gauche doit être en mouvement, incarner le changement, comprendre la jeunesse, ses doutes et ses aspirations. Mener sans s’arrêter les combats les plus nobles, ceux des droits de l’Homme. Réconcilier la France et l’entreprise. Proposer une plus juste répartition du profit.
Dans la 6ème circonscription du Calvados, le combat a été rude mais il est resté au niveau des idées et c’est bien satisfaisant. Monsieur Cousin a gagné et je lui adresse toutes mes félicitations.
Les Moultais ont voté pour leur Maire à 67 %. C’est un beau geste. J’y suis particulièrement sensible. Pour gagner, il fallait convaincre les électeurs de venir voter. Près de 40 % ont préféré rester chez eux, épuisés par les quelques minutes qu’ils avaient consacrées à venir voter lors de l’élection présidentielle. Ces abstentionnistes minent la démocratie. J’ai honte pour moi de ne pas avoir réussi à les convaincre de venir voter. J’ai surtout honte pour eux.
Demain sera un autre jour. Il reste beaucoup de choses à faire à la Région et à Moult.
Mon enthousiasme est intact. Ma capacité d’indignation et de conviction également.
D’autres combats nous attendent.
08:23 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : élections législatives 2007
15.06.2007
Fin de campagne
Ah ! Si Ségolène avait pu gagner ! Tout aurait été plus facile. Son élection était imperdable et je suis persuadé que tous les retards à l’allumage, les scepticismes, les trahisons ont contribué en profondeur à saboter son image. L’adversaire était de qualité, nous le savions. Il s’était préparé avec minutie et a gagné pour avoir su incarner le changement et avoir décidé sans conscience ni vergogne de reprendre à son compte les concepts de l’extrême droite.
Mais nous avons aussi perdu la bataille des images : Sarkozy est apparu comme le défenseur du monde du travail. Un comble ! Alors qu’historiquement le travail est une valeur de gauche et la rente une référence de droite. Ségolène a été assimilée à la société d’assistance, ce que les travailleurs n’admettent plus. Il faudra bien reprendre les thèmes du donnant – donnant. Tous ceux qui obtiennent une aide, un avantage, doivent en retour quelque chose à la société, Rmistes en particulier.
L’inversion du calendrier a développé ses conséquences mécaniques et diaboliques. Les candidats députés de gauche devenaient des empêcheurs de tourner en rond. Défendre, dans ces circonstances, est moins fort que d’attaquer pour le changement. Et la gauche devient celle qui ne se bat que pour les avantages acquis, inversant la place des conservateurs qui deviennent ipso-facto des hommes de gauche.
Décidément, tout est à l’envers.
La gauche doit incarner le changement, la mobilité, c’est pour cela qu’elle existe. Elle doit transformer en profondeur la société pour la rendre plus juste et plus humaine. Le surplace, le rétroviseur sont des dangers mortels.
Heureusement, la droite reste ce qu’elle est : le meilleur atout des favorisés de l’existence et elle paye aussitôt tous ceux qui l’ont aidée. Elle refusera toujours le partage. C’est ce qui la perdra.
10:50 Publié dans Campagne de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14.06.2007
Haro sur les ménages
• Exonération des charges sociales et des impôts sur les heures supplémentaires
• Déduction des intérêts des emprunts immobiliers
• Quasi suppression des droits sur les successions
• Bouclier fiscal à 50 %
• Diminution de l’IRPP pour les tranches les plus hautes.
La compétitivité des entreprises devrait, selon l’UMP, assurer des rentrées fiscales importantes. Elles ne sont ni prévisibles, ni assurées.
Il faut donc faire payer les assurés sociaux avec les franchises et surtout faire payer les ménages.
On nous parle donc d’une hausse de 5 % de la TVA afin de transférer le financement de la protection sociale, de la production à la consommation. Et la droite de nous citer le cas du Danemark où les habitants seraient heureux de payer une TVA à 25 %. Qu’ils aillent se promener dans le château d’Elseneur pour rencontrer les mânes d’Hamlet plutôt que de nous proposer le modèle danois intransférable en France.
Lorsqu’Alain Juppé a augmenté la TVA de 18,6 à 20,6 %, aucun bienfait n’en est sorti pour les Français et les consommateurs se rappellent bien qu’ils ont du payer 15 milliards d’euros de surplus d’impôts. C’est la gauche qui a rabaissé, par la suite, le taux de la TVA.
Croire au civisme des chefs d’entreprises qui vont aussitôt baisser le coût de leurs produits pour compenser la hausse de la TVA relève de la crédulité ou de l’angélisme. Ils n’auront aucune obligation de résultat et il suffit de constater que les 100 milliards d’euros de bénéfices réalisés par les 40 premières entreprises françaises en 2006 ont été, pour l’essentiel, non pas réinvestis dans l’appareil économique, mais reversés aux actionnaires ou aux fonds de pension américains. Les capitalistes ont toujours préféré la finance et les dividendes à l’économique et aux investissements.
Une seule certitude : les efforts seront demandés aux mêmes, les ménages alors que la France souffre de profondes inégalités et que la rupture entre ceux qui s’enrichissent et ceux qui tombent un peu plus bas est jour après jour plus criante.
09:08 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : TVA

