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08.03.2007

Délit de fausse nouvelle

Depuis plusieurs mois, le gouvernement UMP annonce triomphalement que le chômage baisse régulièrement pour ne plus atteindre que le taux de 8,6 % qui reste, il faut le rappeler, l’un des plus élevés d’Europe.

Ces communiqués de victoire intriguaient tous ceux, et notamment les maires, qui avaient connaissance des chiffres beaucoup moins flatteurs de leurs communes.

Le doute s’est renforcé quand l’INSEE a repoussé la publication du chiffre de chômage pour 2006, à une date postérieure aux élections présidentielle et législatives, alors même que chaque année, ces chiffres sont portés à la connaissance du public lors du premier trimestre qui suit l’année de référence.

Des économistes et administrateurs de l’INSEE ont alors décidé de révéler par internet certaines corrections (le mot reste pudique) imposées par le gouvernement.

On apprend, tout d’abord, que les désordres techniques invoqués par la direction de l’institut statistique ne sont que des fadaises.

Monsieur Borloo tente bien de répliquer en soutenant que les méthodes de calcul des chiffres du chômage restent identiques depuis plusieurs années. Totalement faux, puisque nous apprenons que ne sont plus considérés comme chômeurs les demandeurs d’emploi créateurs d’entreprises, de même que les bénéficiaires de petits boulots aidés par l’Etat, de même que les licenciés pour motifs économiques qui acceptent une convention de reclassement personnalisé. Or, ces licenciés constituent la plus grande part des licenciés, victimes de plans de sauvegarde de l’emploi.

Depuis juin 2005, le nombre des sorties mensuelles des statistiques du chômage s’élèverait à 30 000 par mois ; or, seuls 7 500 d’entre eux ont retrouvé un emploi en CDI.

Selon ces spécialistes de l’INSEE, de véritables taupes, la correction à effectuer pour le taux de chômage est de 0,8 %. On atteindrait un taux réel de 9,5 %, ce qui représente 200 000 chômeurs de plus.

La Bérézina pour le gouvernement et les députés UMP.

Un véritable délit de fausse nouvelle, une tromperie de l’opinion si sensible au problème de l’emploi.

Rappelons que la divulgation de fausse information est punie par l’article 322-14 du code pénal qui prévoit une peine de deux ans d’emprisonnement.