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20.03.2007
Le traité de Rome
Maurice Faure, Président du parti radical, représentait la France dans la grande salle du capitole à Rome. Agé de 35 ans, il appartenait au cabinet de Guy Mollet en qualité de secrétaire d’Etat chargé des affaires étrangères.
La IVème République vivait ses derniers moments.
Après la guerre d’Indochine perdue en 1954, après l’affaire du canal de Suez où elle se ridiculisa en 1956, elle se débattait en Algérie. Minée de l’intérieur, ayant abandonné le pouvoir aux centurions qui voulaient prendre en Algérie leur revanche, la France montrait cependant l’exemple en se réconciliant avec l’Allemagne et en construisant l’Europe avec le Benelux, l’Italie et l’Allemagne.
C’était l’époque de la pleine puissance de l’Empire soviétique, les lendemains du stalinisme qui venait d’assassiner la révolution hongroise.
Après Robert Schuman, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer, après Jean Monnet également, Maurice Faure et le parti radical s’engageaient dans la création de l’Europe, assurant la paix pour cinquante ans. Pour la première fois depuis le traité de Verdun en 843, l’Europe allait connaitre la paix. Elle sortait de deux guerres mondiales et la France de trois combats fratricides avec les Allemands. Elle avait failli échouer avec la communauté européenne de défense. Il fallait relancer l’Europe par l’économie, avoir l’intuition qu’avant le militaire et la monnaie, l’Europe se ferait par l’intégration économique, par le marché commun.
En 1957, Maurice Faure croyait en la supranationalité, à la règle de la majorité. Le Général de Gaulle, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’état militaire du mois de mai 1958, imposera le concept de l’Europe des états avec, pour base, la règle de l’unanimité.
La France gaullienne ne voulait renoncer à aucune parcelle de souveraineté. Elle restait marquée par son empire et sa grandeur, son rang comme disait le Général. L’euroscepticisme s’engouffrait dans cette brèche et continue de marquer les Français malgré les efforts de François Mitterrand et de Jacques Delors.
Décidément, les Français sont passés maîtres dans l’art de se tirer une balle dans le pied.
08:15 Publié dans Institutions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Traité de Rome, Europe, Robert Schuman, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer, Jean Monnet, Maurice Faure


Commentaires
La Quatrième République ça n'est pas que l'Indochine et l'Algérie, c'est aussi le début de la décolonisation avec la transformation de l'Empire français en Communauté française, c'est-à-dire la reconnaissance de l'auto-gouvernement des colonies et donc une remise en cause profonde à long terme du régime colonial; c'est aussi la Sécurité sociale et l'octroi aux femmes du droit de vote; c'est le Traité de Rome comme il est rappelé dans le billet; c'est la reconstruction des villes mais aussi d'une économie largement pillée par l'occupant allemand...
Un lieu commun court les rues aujourd'hui selon lequel la Quatrième République serait un régime inefficace et odieux par opposition au progrès dans le gouvernement du pays qu'aurait amené la Cinquième : la Cinquième et de Gaulle n'ont-ils pas, dans les années 60, tout bêtement récolté les bénéfices des politiques mises en oeuvre par les gouvernements de la Quatrième ? A-t-on oublié les innombrables magouilles des affidés du grand benêt galloné ? La violence hideuse et quelquefois meurtrière de ses séides, du massacre du 17 octobre 61 au cours duquel des dizaines (peut-être 100 voire 200) d'Algériens bravant pacifiquement le couvre-feu furent tués par les agents de la Préfecture de Police jusqu'à la tuerie d'Auriol ? Les affres de la Françafrique ?
Ecrit par : Vincent Carel | 22.03.2007
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