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10.05.2007

Le prix de la terre

La flambée des prix du foncier ne fait que s’accentuer.

En ville tout d’abord et dans la proximité de celle-ci, le coût du terrain dépasse désormais celui de la maison. Les conséquences sont immédiates : on ne construit plus en ville et les jeunes couples doivent, pour s’installer, accepter de faire vingt à trente kilomètres tous les jours pour se rendre à leur travail. Les frais de déplacement deviennent insupportables et atteignent souvent 25 % du salaire. Jadis, les grandes entreprises venaient chercher leurs travailleurs. Tout cela est désormais terminé. Il faudra faire preuve d’imagination pour trouver des solutions : inventer une carte orange, favoriser le covoiturage, redéfinir la taxe sur les transports si pénalisante pour les entreprises qui ont leur siège en ville, proposer un plan vélo pour ceux qui habitent à proximité de leur lieu de travail.

A la campagne, le prix des terres flambe, comme le souligne Ouest France qui remarque : « Ce n’est pas parce qu’il y a moins d’agriculteurs que les terres sont bon marché. En France, les prix ont augmenté de 61 % en dix ans. Partout en Europe, ils s’envolent. Une mauvaise nouvelle pour les jeunes qui veulent s’installer. »

Cette flambée des prix inquiète le monde agricole car bien souvent ce sont les meilleures terres qui sont achetées par des citadins qui disposent d’importants moyens financiers, alors même que les agriculteurs doivent faire face aux mises aux normes dont le coût moyen est supérieur à 250 000 euros.

Le prix de l’hectare atteint désormais 4 750 euros dans notre région. Et il connaitra une nouvelle flambée, dans les années à venir si l’on a recours, comme cela semble vraisemblable à l’éthanol et au biocarburant.

Les SAFER avaient pour mission la régularisation des structures et devaient, par là même, empêcher une spéculation qui devient la règle.

Le foncier rural ne peut bien sûr être comparé aux terres urbanisables. Mais, à l’évidence, l’Etat devra jouer son rôle de régulateur car ce qui est vendu ne revient jamais dans le giron agricole.

Laisser faire la loi du marché serait pratiquer la politique de l’autruche.