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14.05.2007
Pouvoir absolu
Le pouvoir absolu, c’est bien sûr la concentration de tous les pouvoirs. Sur le plan économique, tout d’abord : jamais il n’y a eu un tel rapprochement, certains disent une telle collusion entre Nicolas Sarkozy et les détenteurs du pouvoir économique. Le MEDEF a, bien sûr, inspiré ses propositions même si Laurence Parisot a fait preuve de retenue dans son soutien. Mais l’amitié, les liens tissés entre Nicolas Sarkozy et les principales puissances financières et industrielles du pays dépassent tout ce qu’on a connu. Georges Pompidou venait, il est vrai, de la banque ; il était le fondé de pouvoir de Guy de Rothschild, un homme au demeurant remarquable qui pouvait s’honorer d’avoir eu un comportement d’exception durant la deuxième guerre mondiale.
Avec Nicolas Sarkozy, on va bien au-delà. Il nous a révélé que Martin Bouyghes l’appelait tous les jours. Chacun connait désormais sa proximité avec Vincent Bolloré, avec Edouard de Rothschild, avec Arnaud Lagardère pour ne pas oublier messieurs Dassault et Pinault.
François Mitterrand aimait la compagnie des écrivains. Nicolas Sarkozy préfère celle des milliardaires.
Le pouvoir économique, c’est aussi celui des médias qui appartiennent le plus souvent aux cimentiers et aux marchands de canons, eux-mêmes proches du nouveau Président de la République. « Libération » et « Le Monde » se sont, il est vrai, ressaisis. Mais, pour combien de temps ? Quant au conseil supérieur de l’audiovisuel, il saura prendre en compte les vœux de l’Elysée.
L’autorité judiciaire pourrait donner quelques soucis, mais les postes de décision, plus ou moins névralgiques, ont fait l’objet de subtiles nominations des amis de la droite.
Le conseil constitutionnel a bien à sa tête un chiraquien qui ne doit rien à Nicolas Sarkozy, mais compter sur Jean-Louis Debré comme ultime défenseur de la République relève d’un hasardeux paradoxe.
Reste donc l’Assemblée nationale. Il n’y aura pas, à l’évidence, de cohabitation. Les Français auront à choisir les 10 et 17 juin prochains :
- soit ils confortent jusqu’à l’excès le pouvoir présidentiel qui a prévenu qu’il ne procèderait à aucune réforme de fond de la constitution. Nous conserverons donc le 49-3 et les ordonnances, moyens déjà utilisés par messieurs de Villepin et Sarkozy pour faire passer en force les réformes sociales.
- soit ils rééquilibrent en élisant des députés de gauche.
Il nous faut constituer un môle républicain pour défendre les acquis sociaux, les services publics, pour imposer une juste répartition des efforts et des profits. La République doit être à l’écoute de tous et le système majoritaire n’a pas vocation à amplifier jusqu’à l’extrême le résultat présidentiel. Il ne faudrait pas, avec 53 % des voix, obtenir 75 % voire plus du nombre des députés.
Alors, mobilisons toutes nos énergies car c’est l’avenir du pays qui est en jeu.
08:35 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, présidentielles, pouvoir absolu
Commentaires
Vous êtes quand même "gonflé". Quand on pense que le Président Miterrand apendant des années et avec notre argent entretenu sa seconde famille avec personnel de service, garde du corps, officiers de sécurité, appartements etc.... Quand on pense qu'il n'y a pas si longtemps de cela des Ministres socialistes et radicaux de gauche allaient faire des croisières sur le Phocéa de Monsieur Tapie. Vous êtes quand même "Gonflé".
Ecrit par : georges | 14.05.2007
http://bousculade.free.fr/politique/gauche/2cassjosp.php
Ecrit par : Voltaire | 15.05.2007
Cher Georges,
Je suis surprise de lire que vous excusiez le comportement de Nicolas Sarkozy sous prétexte que des hommes politiques de l'autre camp aurait également profité d'avantages. Je ne me reconnais pas dans un président aux allures de jet-setter prenant des vacances au large d'un ancien paradis fiscal. Nicolas Sarkozy n'est pas Juan Carlos d'Espagne et son fils n'est pas Felipe.
Ecrit par : charlotte | 15.05.2007

