20/04/2012

Dévissage

Depuis quinze jours, je rencontre les maires de la circonscription et les habitants des communes qu'ils administrent. Ces visites sont entrecoupées de distribution de tracts à domicile ou sur les marchés. Après avoir discuté avec soixante de mes collègues et échangé avec des centaines de concitoyens, je peux me faire une opinion sur l'élection présidentielle dans ma région très modérée mais qui année après année est plus sensible aux charmes de la gauche.

Première observation : aucun des huit conseillers généraux de la circonscription appartenant à la droite ou au centre ne m'a dit qu'il soutiendrait Nicolas Sarkozy. Aucun ne lui a donné sa signature. Ils sont rebutés par le côté excessif du président sortant, son incapacité à rassembler, ses phrases extrémistes. La démocratie chrétienne ne se reconnaît vraiment pas en Nicolas Sarkozy. Mais elle se pose des questions car Bayrou n'a pas effectué de percée, c'est le moins que l'on puisse dire. Que vont-ils faire ? Lâcher à leur tour Bayrou et dans les dernières heures se rapprocher de Sarkozy ou mieux, de Hollande ? Tout est possible.

Il en est de même des maires puisqu'aucun des 60 maires rencontrés ne nous a indiqué soutenir Sarkozy. Tout cela est bien étrange. L'élu normand est modéré, de manière viscérale, mais à ce point tout cela est bien étrange. Et peut réserver de belles surprises.

Sur les marchés, de nombreuses personnes nous font connaître leur rejet global du système. Ils vont donc s'abstenir ou voter Marine Le Pen dont, à mon avis, on sous-estime la capacité à s'imposer au détriment de Mélenchon à la troisième place de la compétition.

Personne ne me parle de Cheminade mais ce professeur Tournesol est, à l'évidence, fort sympathique. Il parle de la lune et de mars. Il est à des années lumières de notre terre mais il est intelligent et sait faire rêver. Il dépassera peut-être Nathalie Artaud qui a été enfoncée par son camarade Poutou. Dans ce match pour la cuillère de bois, on ne peut que penser aux matchs de rugby des 6 nations avec les prestations de l'Italie. Dans un premier temps, elle perdait tout, mais l'an dernier, elle a battu la France. Trop sûre d'elle même et trop arrogante. Il faut toujours savoir respecter ses adversaires.

Les sondages sont, au demeurant, une catastrophe pour Nicolas Sarkozy. Trois sondages placent désormais François Hollande en tête avec 28 ou 29 %, loin devant Nicolas Sarkozy relégué à plus de 3 points. Il y a quelques jours, c'était l'inverse. Sarkozy a donc perdu en valeur relative plus de 5 points puisqu'il était à l'époque, on a l'impression que c'était il y a un siècle, devant François Hollande.

Si les tendances se confirment, la chute n'en sera que plus rude pour Sarkozy qui sera largué de manière irrémédiable. Sa seule chance de gagner était de dépasser au premier tour François Hollande, de faire le trou. On en est loin.

Et que dire du deuxième tour ? Pour l'instant, tout sourit à François Hollande. Les lendemains du scrutin verront une droite éclatée sur laquelle se jettera Marine Le Pen. Est-elle compatible avec la droite ! Nous le saurons bientôt. Quant à Mélenchon, si ses amis ne participent pas au gouvernement, il se révélera un poil à gratter redoutable qui ne laissera rien passer.

Gouverner sera sans doute plus dur que gagner.

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