14.06.2007
Haro sur les ménages
• Exonération des charges sociales et des impôts sur les heures supplémentaires
• Déduction des intérêts des emprunts immobiliers
• Quasi suppression des droits sur les successions
• Bouclier fiscal à 50 %
• Diminution de l’IRPP pour les tranches les plus hautes.
La compétitivité des entreprises devrait, selon l’UMP, assurer des rentrées fiscales importantes. Elles ne sont ni prévisibles, ni assurées.
Il faut donc faire payer les assurés sociaux avec les franchises et surtout faire payer les ménages.
On nous parle donc d’une hausse de 5 % de la TVA afin de transférer le financement de la protection sociale, de la production à la consommation. Et la droite de nous citer le cas du Danemark où les habitants seraient heureux de payer une TVA à 25 %. Qu’ils aillent se promener dans le château d’Elseneur pour rencontrer les mânes d’Hamlet plutôt que de nous proposer le modèle danois intransférable en France.
Lorsqu’Alain Juppé a augmenté la TVA de 18,6 à 20,6 %, aucun bienfait n’en est sorti pour les Français et les consommateurs se rappellent bien qu’ils ont du payer 15 milliards d’euros de surplus d’impôts. C’est la gauche qui a rabaissé, par la suite, le taux de la TVA.
Croire au civisme des chefs d’entreprises qui vont aussitôt baisser le coût de leurs produits pour compenser la hausse de la TVA relève de la crédulité ou de l’angélisme. Ils n’auront aucune obligation de résultat et il suffit de constater que les 100 milliards d’euros de bénéfices réalisés par les 40 premières entreprises françaises en 2006 ont été, pour l’essentiel, non pas réinvestis dans l’appareil économique, mais reversés aux actionnaires ou aux fonds de pension américains. Les capitalistes ont toujours préféré la finance et les dividendes à l’économique et aux investissements.
Une seule certitude : les efforts seront demandés aux mêmes, les ménages alors que la France souffre de profondes inégalités et que la rupture entre ceux qui s’enrichissent et ceux qui tombent un peu plus bas est jour après jour plus criante.
09:08 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : TVA
29.05.2007
Franchises médicales
Aucune réforme en profondeur, si ce n’est les prélèvements qui augmentent et les déremboursements qui se multiplient. Et il faudra assumer les augmentations des tarifs des généralistes à compter du 1er juillet 2007 ainsi que la revalorisation des soins infirmiers.
Madame Bachelot a trouvé, en sa qualité de ministre de la santé, la solution miracle : la franchise, autrement dit l’absence de remboursements par la sécurité sociale. On parle même d’une franchise intégrale sur les cent premiers euros.
Martin Hirsch, qui a obtenu un poste de haut commissaire au gouvernement, vient de se rappeler qu’il y a quelques jours, il était Président d’Emmaüs France. Il vient de s’inquiéter des effets de ces franchises qui vont à l’évidence pénaliser les plus pauvres.
Comment peut-on, en effet, être le haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et avaler, à titre de première mesure, l’instauration des franchises lors du remboursement des frais médicaux.
La franchise médicale est la première remise en cause de l’accès aux soins pour tous et sur tout le territoire. Elle anéantit les effets de la CMU, l’une des plus grandes réformes votées par le gouvernement de gauche entre 1997 et 2002. Elle va créer une médecine à deux vitesses en pénalisant les plus défavorisés qui ont, c’est une évidence, le plus recours aux soins médicaux.
Il nous faut donc promouvoir et maintenir l’accès aux soins et l’égalité devant la santé en donnant la priorité à l’hôpital public et en renforçant les aides à l’installation dans les quartiers en difficulté et dans les zones rurales.
Nous avons plus besoin de dispensaires en campagne que de franchises qui vont créer une rupture d’égalité entre les Français.
09:22 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : franchise médicale, CMU, sécurité sociale
18.05.2007
Paysans
La déclaration de Jean-Michel LEMETAYER mérite d’être méditée : « L’agriculture française est synonyme d’emplois, de force pour notre commerce extérieur, d’aménagement du territoire, de qualité, de recherche, de haute technologie et d’humanité. Elle ne doit pas être banalisée dans la globalisation des échanges. »
L’agriculture doit d’abord produire et privilégier la qualité. Elle sera la grande force de l’avenir si elle se transforme pour permettre le développement des nouvelles énergies. Elle a, à l’évidence, anticipé ces derniers temps les mutations de demain. Il suffit de voir la plaine de Caen qui est passée du vert au jaune tant le colza s’est imposé. Mais, le colza, comme les pois et comme le lin, ne peut être semé tous les ans. La terre doit se reposer. L’avenir est là, prometteur pour les agriculteurs et en particulier pour les Normands qui ont décidé, grâce à leurs puissantes coopératives, de joindre leurs efforts aux Picards.
Près de 15 % des céréales peuvent ainsi trouver un nouveau débouché, ce qui est considérable.
Le sort du port de Caen est lié au développement agricole et on ne peut que se réjouir de voir les liens tissés entre les coopératives normandes et celles des pays de Loire. Ce renforcement des capacités céréalières permettra au port de Caen de trouver de nouveaux débouchés.
Comptons donc sur nos paysans pour donner un renouveau aux activités portuaires et, par là même, aux exportations qui restent le maillon faible de la Basse-Normandie.
Miser sur les nouvelles énergies, développer les activités portuaires et industrielles.
Un beau défi pour une région agricole.
08:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, plaine de Caen, port de Caen, colza, lin, céréales, pois
19.04.2007
Le plein-emploi
Nous sommes les mauvais élèves de l’Europe. Avec 8,8 % de chômeurs, taux retenu par Eurostat, nous restons 1,5 % au-dessus de la moyenne des pays européens.
Peut-on, dans cette morosité délétère, envisager le plein-emploi au moment où on ne parle que des délocalisations et jamais d’emplois créés ?
La croissance, à elle seule, sauf miracle mais nous sommes des laïcs impénitents, ne pourra assurer le plein-emploi.
Il nous faut faire preuve de volontarisme : 500 000 emplois seront donc créés pour les jeunes de notre pays. Le contrat « première chance » sera réservé aux jeunes embauchés par les PME de moins de vingt salariés. Le salaire et les cotisations de ces jeunes sans qualification seront pris en charge par l’Etat. Les aides données aux entreprises et les exonérations fiscales seront modulées en fonction du contrat de travail.
Idée novatrice de Ségolène, la sécurité sociale professionnelle, offrant une rémunération aux licenciés économiques égale à 90 % du dernier salaire. Ces salariés bénéficieront pendant un an d’une formation et d’une aide personnalisée.
Quant aux 35 heures, Ségolène Royal fait preuve d’une approche pragmatique. Leur généralisation aux petites entreprises relève plus du dogme que de la perception de la réalité sociale. La sécurité sociale professionnelle semble décalquée de la flex-sécurité inventée par les Danois.
La quadrature du cercle réside dans deux volontés : sécurité pour les salariés, souplesse pour les entreprises. Il faudra bien y arriver. Cela demandera de l’imagination et de la fermeté. Il faudra sans doute rompre avec nos habitudes. Tel sera le prix du plein emploi.
08:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : plein-emploi, chômage, contrat première chance, sécurité sociale professionnelle
16.04.2007
Les Goinfres
Mais tout doit rester dans une juste mesure. Et ce n’est pas, ce n’est plus le cas.
Les entreprises du CAC 40 ont fait plus de cent milliards d’euros de bénéfices et les dividendes ont augmenté de 30 % en 2006. Ces chiffres mirobolants ont été réalisés au détriment des PME françaises soumises année après année à une rentabilité toujours plus forte qui pousse le chef d’entreprise à exiger des rythmes fous de son personnel. N’allez pas chercher plus loin les origines du stress, le sentiment de harcèlement, le mal-être qui amène des salariés aux gestes extrêmes.
Le monde de l’entreprise est souvent impitoyable et certains patrons, certes peu nombreux mais si représentatifs de l’argent fou, se comportent comme des goinfres. Ils s’empiffrent de stock-options, de primes, d’indemnités, de retraites dorées en plus de salaires astronomiques.
Le patron d’Airbus, qui a laissé son entreprise sur le flan, part avec 8,5 millions d’euros. Une dizaine d’autres ont défrayé la chronique ; ils ont quitté Carrefour, Vivendi, Alcatel-Lucent, Eiffage avec des dizaines de millions d’euros.
Ce système est détestable. Il donne la nausée.
Lorsque je rappelle que le salaire moyen est de l’ordre de 2 000 euros, que les rmistes sont en augmentation depuis 2002 de 30 %, que les smicards seront 4 millions, que 20 % des salariés ne touchent pas le SMIC, les tenants du libéralisme me répondent que je fais du populisme et qu’il faut bien rémunérer ceux qui produisent, créent des richesses ; que tous les pays du monde libéral agissent ainsi.
Le MEDEF avait pris la mesure de la fracture qui se crée, qui s’accroit et Laurence Parisot a fait savoir que de telles mœurs lui donnaient des hauts le cœur. Mais elle a dû se taire sous la pression des grands barons du patronat. Certaines mesures peuvent pourtant être prises pour remédier à ce scandale économique. La transparence des rémunérations et des indemnités est désormais imposée. Faut-il soumettre à l’assemblée générale des actionnaires ce qui relève actuellement des conseils d’administration ? Faut-il soumettre à un comité d’éthique composé de magistrats et d’économistes indépendants le montant des indemnités ? Faut-il permettre à chaque actionnaire de saisir la justice pour dénoncer ce qui relève de l’abus de biens sociaux ?
Les solutions existent donc alors que l’UMP promet aux goinfres de diminuer leurs impôts et de créer le bouclier fiscal qui leur permettra de ne plus payer l’impôt sur le capital.
Que les goinfres se méfient. Il y a quelques décennies, certains exaltés ont fait parler la poudre, en France, en Italie, en Allemagne. Des innocents ont alors perdu la vie.
Les goinfres contribuent à faire disparaitre les repères. Ils mettent nos institutions en danger et donnent des raisons d’agir aux têtes brulées.
08:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : entreprises, profits, CAC 40, primes, indemnités, bénéfices, Carrefour
10.04.2007
4 millions de smicards
Ils sont particulièrement nombreux dans les hôtels et restaurants (50 %), dans les services aux particuliers (39 %) et dans le commerce (32 %).
Les raisons de ce phénomène sont multiples : effet mécanique des 35 heures, envol du SMIC qui est passé de 6,67 euros en 2001 à 8,27 euros en 2007. Désormais, ce ne sont plus seulement les jeunes mais aussi les jeunes diplômés qui émargent au SMIC. Les élèves des IUT trouvent souvent du travail mais doivent accepter d’être payés au SMIC.
Désespérant.
L’Etat, lui-même, paie les fonctionnaires de catégorie C au SMIC lorsqu’il ne leur consent pas quelques euros de bonus.
Un salarié sur six est donc payé au SMIC et les emplois aidés ne font que renforcer cette tendance.
De plus, les allègements de charges sociales, consentis aux employeurs qui emploient de la main-d’œuvre non qualifiée, ne font que renforcer la « trappe à SMIC » pour utiliser une expression bien consacrée.
On ne soulignera jamais assez l’effet d’aubaine recherchée par les entreprises qui emploient et embauchent au niveau du SMIC, ce qui annihile toute promotion sociale.
Finalement, c’est une grande partie de la classe ouvrière qui est payée au SMIC et il faudra bientôt être agent de maîtrise ou cadre débutant pour se détacher du SMIC.
Si encore avec l’ancienneté, on pouvait espérer décoller. Pas du tout. 26 % des smicards ont plus de dix ans d’ancienneté.
On peut, bien sûr, se féliciter de ce que le SMIC augmente, de ce qu’il va progresser pour atteindre rapidement 1 500 euros. Mais le danger guette et le désespoir également, car à trop grossir le nombre de smicards, le pouvoir politique prend un risque énorme : celui de la révolte de tous ceux qui n’ont plus d’espoir de promotion. On ne peut bien sûr augmenter tous les salaires autant que le SMIC. Il faut être réaliste, me direz-vous.
L’enfer est décidément pavé de meilleures intentions.
10:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : SMIC
28.03.2007
Réunification de la Normandie
Nouvelle réunion à Rouen, le 26 mars : y assistaient Hervé Morin, Président du groupe parlementaire UDF, Pierre Albertini, Député-Maire UDF de Rouen, Catherine Morin-Desailly, sénatrice UDF de Seine-Maritime, Franck Martin, Maire PRG de Louviers et moi-même.
Fallait-il se réunir ensemble alors que nous soutenons des candidats différents pour l’élection présidentielle ? A l’évidence, oui ; les majorités d’idées empêcheront le combat de catch. Et les Français veulent que des gens différents puissent construire ensemble « des ponts et non des murs ».
De plus, François Bayrou et Ségolène Royal veulent renforcer les régions car s’appuyer sur les cantons ou des départements, c’est sans doute rencontrer la France profonde, mais sans doute aussi manquer la dimension européenne. On ne pourra pas toujours empiler des structures sans jamais en supprimer.
Nous avons donc décidé d’interpeler François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pour leur demander de prendre l’engagement de présenter au parlement au cours de l’automne 2007 un projet de loi permettant de consulter les Normands par référendum en 2008 afin qu’ils puissent se prononcer sur la réunification de la Normandie.
Nous avons trop souffert de l’incapacité de nos élites à comprendre que les additions en politique valent toujours mieux que les soustractions. Une grande région pourra, dans la décennie qui vient, jouer tout son rôle dans la future étape de la décentralisation. Elle saura être l’interlocutrice du Bassin Parisien qui hésite actuellement pour son futur développement entre le Nord, le Centre et la Normandie.
Notre région est magnifique.
Elle doit se vendre, attirer les élites de Paris, accueillir sa jeunesse et ses cerveaux. La région parisienne manque cruellement d’espace.
A nous de redevenir les conquérants que nous avons été.
08:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Réunification de la Normandie, Haute Normandie, Basse Normandie
22.03.2007
Les emplois Bayrou
Une fausse bonne idée.
La plupart des PME crée plus de deux emplois en cinq années. La mesure ne servira donc, la plupart du temps, à rien du tout. Elle constituera le plus souvent une aubaine et coûtera fort cher aux régimes sociaux.
Ainsi, à titre d’exemple puisque la mesure s’appliquera à tous les salariés gagnant entre le SMIC et 5 000 euros, et en retenant un taux de charge minimum de 40 % :
2 000 € X 40 % X 60 mois = 48 000 €.
Selon l’institut de conjoncture Rexecode, la mesure ne permettrait que la création de 90 000 emplois mais elle coûterait à la collectivité : 48 000 € X 90 000 = 4,3 milliards d’euros. Et si l’on retient les 400 000 emplois promis, plus de 19 milliards d’euros.
Certes, tous les emplois ne sont pas rémunérés (2 000 €) et le coût sera soit plus fort, soit plus faible en fonction de la rémunération du salaire retenu.
Pourquoi faut-il donc toujours jouer sur les charges sociales qui assurent le paiement des retraites, l’indemnisation de la maladie et l’aide des familles nombreuses ?
La sécurité sociale connait des déficits abyssaux, le système de retraite explose, les Français ont de plus en plus d’enfants et la situation miracle serait de baisser les charges sociales. C’est à ne plus rien y comprendre.
La cour des comptes ne s’y est pas trompée. Elle critique les allègements des charges et propose tout au plus de les limiter aux salaires inférieurs à 1,3 SMIC ainsi qu’aux PME.
L’intérêt des emplois Bayrou réside dans le fait que les mesures en cause sont limitées aux CDI. Les aides sociales doivent en effet être concentrées sur les CDI à temps plein. Car le CDI, on ne le soulignera jamais assez, rassure le salarié, le producteur, lui permet de s’épanouir dans son entreprise, dans sa vie personnelle.
N’est-ce pas là l’essentiel ?
08:50 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, charges sociales, Rexecode, création d'emplois
15.03.2007
Mille milliards
Les dividendes augmentent de 30 % pour atteindre près de 40 milliards d’euros qui seront versés à raison de 46 % aux fonds de pension anglo-saxons et aux non-résidents français. Il serait naturellement de mauvais goût de rappeler à tous ces heureux actionnaires que le nombre de Rmistes n’a jamais été aussi élevé et que les salaires, secteur public ou privé, n’ont pas progressé de plus de 2 %.
Rappelons ces chiffres :
• hausse de 30 % des dividendes
• hausse de 2 % des salaires
et soulignons que la fiscalité sur les dividendes est moins lourde que celle sur les salaires.
Parmi ces heureux, les pétroliers et les banquiers crèvent le plafond.
Il est vrai que cette croissance est pour l’essentiel réalisée à l’étranger car les PME françaises qui agissent pour l’essentiel dans la sous-traitance voient chaque année leur marge se restreindre sur l’injonction des donneurs d’ordre agissant eux-mêmes pour le compte des actionnaires et des fonds de pension.
Si encore les capitaux résultant des dividendes étaient réinvestis dans l’industrie et l’appareil économique, mais les capitalistes thésaurisent au maximum et financent pour l’essentiel la spéculation.
A moins d’être aveugle, on peut se rendre compte que la crise du capitalisme mondial est proche :
• La progression des grands pays émergents n’est pas structurellement contrôlée.
• Les dividendes ne sont plus réinvestis dans l’appareil économique.
• La fraude fiscale est omniprésente.
• La fiscalité locale ou nationale renforce le capitalisme financier avec pour dernière invention le bouclier fiscal et l’écrêtement de la taxe professionnelle. Sans oublier le fait que l’impôt sur les sociétés est payé pour l’essentiel dans des paradis fiscaux.
Ce sont les individus, les Français qui créent les richesses. Ils sont les principaux oubliés d’un système qui devient fou et inhumain. C’est déjà ce que l’on disait il y a 80 ans en 1927. Deux ans plus tard, c’était 1929 et l’explosion des nationalismes.
08:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CAC 40, actionnaires, capitalisme, bouclier fiscal, taxe professionelle
08.03.2007
Délit de fausse nouvelle
Ces communiqués de victoire intriguaient tous ceux, et notamment les maires, qui avaient connaissance des chiffres beaucoup moins flatteurs de leurs communes.
Le doute s’est renforcé quand l’INSEE a repoussé la publication du chiffre de chômage pour 2006, à une date postérieure aux élections présidentielle et législatives, alors même que chaque année, ces chiffres sont portés à la connaissance du public lors du premier trimestre qui suit l’année de référence.
Des économistes et administrateurs de l’INSEE ont alors décidé de révéler par internet certaines corrections (le mot reste pudique) imposées par le gouvernement.
On apprend, tout d’abord, que les désordres techniques invoqués par la direction de l’institut statistique ne sont que des fadaises.
Monsieur Borloo tente bien de répliquer en soutenant que les méthodes de calcul des chiffres du chômage restent identiques depuis plusieurs années. Totalement faux, puisque nous apprenons que ne sont plus considérés comme chômeurs les demandeurs d’emploi créateurs d’entreprises, de même que les bénéficiaires de petits boulots aidés par l’Etat, de même que les licenciés pour motifs économiques qui acceptent une convention de reclassement personnalisé. Or, ces licenciés constituent la plus grande part des licenciés, victimes de plans de sauvegarde de l’emploi.
Depuis juin 2005, le nombre des sorties mensuelles des statistiques du chômage s’élèverait à 30 000 par mois ; or, seuls 7 500 d’entre eux ont retrouvé un emploi en CDI.
Selon ces spécialistes de l’INSEE, de véritables taupes, la correction à effectuer pour le taux de chômage est de 0,8 %. On atteindrait un taux réel de 9,5 %, ce qui représente 200 000 chômeurs de plus.
La Bérézina pour le gouvernement et les députés UMP.
Un véritable délit de fausse nouvelle, une tromperie de l’opinion si sensible au problème de l’emploi.
Rappelons que la divulgation de fausse information est punie par l’article 322-14 du code pénal qui prévoit une peine de deux ans d’emprisonnement.
08:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chômage, Borloo, INSEE, Fausse nouvelle

