07.05.2007
Et maintenant ?
Nicolas Sarkozy a donc été élu Président de la République avec 53 % des voix.
Il a réussi à apparaître comme l’homme de la rupture alors qu’il était le principal ministre de Jacques Chirac et le Président de l’UMP. Un tour de force qui nous interpelle.
Au « tout-sauf-Sarkozy », il fallait sans doute mieux utiliser le rejet du bilan de la majorité sortante.
Il a réussi à rassembler la droite et l’extrême droite. Les frontistes veulent un chef, ils avaient un vieux sanglier épuisé par les ans. Ils se sont reportés tout naturellement sur un homme volontariste qui n’hésitait pas à reprendre à son compte idées et programme de Le Pen.
Il faut donc faire bloc et reconstruire. Se rassembler dans un premier temps. Utiliser la technique des légions romaines pour parer les attaques des conservateurs ou encore utiliser la mise en carrés comme dans les armées de Napoléon. Métaphores guerrières sans doute. Mais, à écouter les critiques qui commencent à courir, il est vital dans un premier temps de tenir, réconforter, réagir.
Il faudra bien reconstruire. Le congrès d’Epinay est enterré. La gauche française doit, comme en Europe, faire son aggiornamento. Le mur de Berlin est tombé et seule la gauche française n’en a pas tiré les conséquences. Il y eut, certes, les victoires des régionales et des européennes mais les Français se prononçaient contre Chirac et Raffarin et non pour une gauche renouvelée.
La social-démocratie est à l’esprit de tous. A Ségolène Royal de s’imposer si elle le peut, faute de quoi, c’est le nouveau parti de François Bayrou qui deviendra la force d’opposition, la force de référence.
Deux mots sur les résultats normands : la Normandie n’est pas la Bretagne qui a voté Ségolène, mais les résultats dans le Calvados sont prometteurs, en particulier à Caen et dans la circonscription de Vire qui donne 49 % à Ségolène : Vire, Condé-sur-Noireau, Verson, Thury-Harcourt, Soliers, la plupart des communes importantes ont voté à gauche et le Bocage à tenu.
Pour les législatives, ces scores compteront. Aux Français de savoir s’ils veulent une chambre bleu-horizon avec tous les risques de dérives que nous connaissons ou s’ils souhaitent une politique moins brutale. Les délices du pouvoir absolu sont autant de poisons.
Il nous reste cinq semaines pour nous rassembler et convaincre.
Il a réussi à apparaître comme l’homme de la rupture alors qu’il était le principal ministre de Jacques Chirac et le Président de l’UMP. Un tour de force qui nous interpelle.
Au « tout-sauf-Sarkozy », il fallait sans doute mieux utiliser le rejet du bilan de la majorité sortante.
Il a réussi à rassembler la droite et l’extrême droite. Les frontistes veulent un chef, ils avaient un vieux sanglier épuisé par les ans. Ils se sont reportés tout naturellement sur un homme volontariste qui n’hésitait pas à reprendre à son compte idées et programme de Le Pen.
Il faut donc faire bloc et reconstruire. Se rassembler dans un premier temps. Utiliser la technique des légions romaines pour parer les attaques des conservateurs ou encore utiliser la mise en carrés comme dans les armées de Napoléon. Métaphores guerrières sans doute. Mais, à écouter les critiques qui commencent à courir, il est vital dans un premier temps de tenir, réconforter, réagir.
Il faudra bien reconstruire. Le congrès d’Epinay est enterré. La gauche française doit, comme en Europe, faire son aggiornamento. Le mur de Berlin est tombé et seule la gauche française n’en a pas tiré les conséquences. Il y eut, certes, les victoires des régionales et des européennes mais les Français se prononçaient contre Chirac et Raffarin et non pour une gauche renouvelée.
La social-démocratie est à l’esprit de tous. A Ségolène Royal de s’imposer si elle le peut, faute de quoi, c’est le nouveau parti de François Bayrou qui deviendra la force d’opposition, la force de référence.
Deux mots sur les résultats normands : la Normandie n’est pas la Bretagne qui a voté Ségolène, mais les résultats dans le Calvados sont prometteurs, en particulier à Caen et dans la circonscription de Vire qui donne 49 % à Ségolène : Vire, Condé-sur-Noireau, Verson, Thury-Harcourt, Soliers, la plupart des communes importantes ont voté à gauche et le Bocage à tenu.
Pour les législatives, ces scores compteront. Aux Français de savoir s’ils veulent une chambre bleu-horizon avec tous les risques de dérives que nous connaissons ou s’ils souhaitent une politique moins brutale. Les délices du pouvoir absolu sont autant de poisons.
Il nous reste cinq semaines pour nous rassembler et convaincre.
08:40 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, élection présidentielle 2007
04.05.2007
Guerre et Paix
Le Président de la République est, selon la Constitution, le chef des armées.
Le parlement doit normalement être consulté avant toute déclaration de guerre, mais cela reste bien théorique si le chef d’Etat a décidé que la Nation devait entrer en guerre.
On constate au demeurant que la France intervient avec ses forces armées au Liban, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et dans bien d’autres pays sans que jamais les députés n’aient leur mot à dire au prétexte que l’on doit respecter les traités qui nous lient et que le chef de l’Etat en est le garant.
On ne peut dire que l’Assemblée Nationale a eu un rôle déterminant lors de la première guerre d’Irak.
Que se passerait-il si les Etats-Unis décidaient de rentrer en guerre en Iran ? Ils ont réussi à engager une coalition pour attaquer l’Irak où ils se sont ensablés. Il suffirait qu’ils parviennent à remettre de l’ordre en Irak pour que la situation sur les fronts syrien et iranien devienne dangereuse. La paix en Iran dépend, paradoxe des paradoxes, de la résistance menée par les extrémistes iraquiens, sunnites ou non, contre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leurs derniers alliés.
Je tremble donc à l’idée de se que pourrait décider Nicolas Sarkozy s’il était élu, et je ne suis pas le seul.
Voici ce que déclarait François Bayrou le 18 avril 2007 : « Je peux vous dire que je ne suis pas assuré que, si, à ce moment (de la guerre en Irak), Nicolas Sarkozy avait été Président de la République, la France aurait eu l’attitude qui a été la sienne. Je suis persuadé qu’elle aurait été du côté de Tony Blair, du côté de José Marie Aznar et du côté de Berlusconi, puisqu’il a été leur ami ».
Et François Bayrou de conclure : « Le projet de Nicolas Sarkozy est un projet très dur où, au fond, le pouvoir est en épreuve de force permanente avec une grande partie de la société. »
Le problème avec Sarkozy, c’est qu’il tient ses engagements. Chacun aura donc été prévenu et pourra faire son choix entre une société de la confrontation et une démocratie apaisée.
Le parlement doit normalement être consulté avant toute déclaration de guerre, mais cela reste bien théorique si le chef d’Etat a décidé que la Nation devait entrer en guerre.
On constate au demeurant que la France intervient avec ses forces armées au Liban, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et dans bien d’autres pays sans que jamais les députés n’aient leur mot à dire au prétexte que l’on doit respecter les traités qui nous lient et que le chef de l’Etat en est le garant.
On ne peut dire que l’Assemblée Nationale a eu un rôle déterminant lors de la première guerre d’Irak.
Que se passerait-il si les Etats-Unis décidaient de rentrer en guerre en Iran ? Ils ont réussi à engager une coalition pour attaquer l’Irak où ils se sont ensablés. Il suffirait qu’ils parviennent à remettre de l’ordre en Irak pour que la situation sur les fronts syrien et iranien devienne dangereuse. La paix en Iran dépend, paradoxe des paradoxes, de la résistance menée par les extrémistes iraquiens, sunnites ou non, contre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leurs derniers alliés.
Je tremble donc à l’idée de se que pourrait décider Nicolas Sarkozy s’il était élu, et je ne suis pas le seul.
Voici ce que déclarait François Bayrou le 18 avril 2007 : « Je peux vous dire que je ne suis pas assuré que, si, à ce moment (de la guerre en Irak), Nicolas Sarkozy avait été Président de la République, la France aurait eu l’attitude qui a été la sienne. Je suis persuadé qu’elle aurait été du côté de Tony Blair, du côté de José Marie Aznar et du côté de Berlusconi, puisqu’il a été leur ami ».
Et François Bayrou de conclure : « Le projet de Nicolas Sarkozy est un projet très dur où, au fond, le pouvoir est en épreuve de force permanente avec une grande partie de la société. »
Le problème avec Sarkozy, c’est qu’il tient ses engagements. Chacun aura donc été prévenu et pourra faire son choix entre une société de la confrontation et une démocratie apaisée.
09:45 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, guerre en Irak, Etats-Unis, Tony Blair, José Marie Aznar, Berlusconi
03.05.2007
La botte de Nevers
Les duellistes ont ferraillé dur, hier soir.
Ségolène était superbe, dans une tenue de hussard noir avec chemisier blanc et col officier. Sarkozy faisait bien propret avec chemise bleue et cravate club.
Les premiers moulinets sont rapides. Elle attaque et il pare tant sur les sujets économiques que sociaux. L’homme du bilan a du souci à se faire.
Puis vint la botte de Nevers. Celle qui tue par une attaque entre les deux yeux. Sarkozy venait-il de tenter de faire pleurer dans les chaumières sur le sort des enfants handicapés et de leur accueil dans les écoles, qu’elle le bouscule, rappelle qu’elle a fait une loi sur ce sujet qui la touche en tant que femme, que mère, que ministre. Elle élimine toute rhétorique, précise que le gouvernement Sarkozy a supprimé les postes qui permettaient l’accueil de ces malheureux exclus de la société. Elle trouve les mots justes. Elle aligne Sarkozy. A l’évidence, l’émission a changé de ton. Au cours de cette fin du 4ème acte, elle va frapper. Elle l’accuse d’immoralité pour avoir usé en politicien de la détresse des familles. Elle lui fend l’armure. Elle le tue. Il tombe et sera désormais inexistant, renonçant à son temps de parole, concluant de manière insipide.
Aux Etats-Unis, trois débats opposent les deux candidats. La France aseptise et réduit au minimum les échanges avec son système stupide et son mythe de l’égalité ; elle empêche tout débat avant le premier tour. Encore une chose à transformer.
Mais que Ségolène fut bonne hier. Elle tient le bon bout après son dialogue avec Bayrou et son meeting de Charlety. Elle a créé une dynamique entre les deux tours. Mais le handicap est lourd tant le procès en incompétence monté de toute pièce par ses propres amis socialistes et d’abord par Lionel Jospin pèse lourd et est difficile à remonter.
Il reste quelques heures et ce soir un meeting à Vire à 20 heures 30.
Alors continuons !
Ségolène était superbe, dans une tenue de hussard noir avec chemisier blanc et col officier. Sarkozy faisait bien propret avec chemise bleue et cravate club.
Les premiers moulinets sont rapides. Elle attaque et il pare tant sur les sujets économiques que sociaux. L’homme du bilan a du souci à se faire.
Puis vint la botte de Nevers. Celle qui tue par une attaque entre les deux yeux. Sarkozy venait-il de tenter de faire pleurer dans les chaumières sur le sort des enfants handicapés et de leur accueil dans les écoles, qu’elle le bouscule, rappelle qu’elle a fait une loi sur ce sujet qui la touche en tant que femme, que mère, que ministre. Elle élimine toute rhétorique, précise que le gouvernement Sarkozy a supprimé les postes qui permettaient l’accueil de ces malheureux exclus de la société. Elle trouve les mots justes. Elle aligne Sarkozy. A l’évidence, l’émission a changé de ton. Au cours de cette fin du 4ème acte, elle va frapper. Elle l’accuse d’immoralité pour avoir usé en politicien de la détresse des familles. Elle lui fend l’armure. Elle le tue. Il tombe et sera désormais inexistant, renonçant à son temps de parole, concluant de manière insipide.
Aux Etats-Unis, trois débats opposent les deux candidats. La France aseptise et réduit au minimum les échanges avec son système stupide et son mythe de l’égalité ; elle empêche tout débat avant le premier tour. Encore une chose à transformer.
Mais que Ségolène fut bonne hier. Elle tient le bon bout après son dialogue avec Bayrou et son meeting de Charlety. Elle a créé une dynamique entre les deux tours. Mais le handicap est lourd tant le procès en incompétence monté de toute pièce par ses propres amis socialistes et d’abord par Lionel Jospin pèse lourd et est difficile à remonter.
Il reste quelques heures et ce soir un meeting à Vire à 20 heures 30.
Alors continuons !
08:15 Publié dans Campagne de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, débat Royal-Sarkosy, élection présidentielle

