08.06.2007

De la débâcle à la déroute

La France restait en Europe un méchant petit canard avec un parti d’extrême droite puissant, imposant ses idées – la lepenisation des esprits – et plaçant son chef au second tour de l’élection présidentielle en 2002.

Jean-Marie Le Pen, ce vieux tribun au verbe dangereux mais souvent étincelant s’est écroulé en 5 ans, passant de 16,86 % des suffrages exprimés à 10,44 %. Le score du front national n’atteint jamais celui de Jean-Marie Le Pen. Il est donc vraisemblable qu’il n’y aura aucune triangulaire aux élections législatives et que le front national n’atteindra pas 5 % dans un grand nombre de circonscriptions. Ses candidats aux élections législatives ont pratiquement disparu, ne faisant pas campagne, n’organisant aucune réunion.

Le front national est condamné. Il se retrouvera, très vite, dans la situation du parti d’extrême droite de Jean-Louis Tixier-Vignancour qui, en 1965, rassemblait les nostalgiques de l’Algérie française, soit environ 5 % du corps électoral.

Le front national est mort pour deux raisons : Nicolas Sarkozy lui a siphonné ses voix en reprenant ses thèmes et, par ailleurs, il n’intéresse plus personne en lissant son discours, en le rendant fréquentable sous l’influence de Marine Le Pen.

Jean-Marie Le Pen a intériorisé et admis sa défaite, sa proche disparition puisqu’il déclare désormais qu’on peut faire de la politique dans une chambre de bonne. Bienvenue au club, riront les radicaux, qu’on veut toujours rassembler dans une cabine téléphonique.

Le pire pour le FN est à venir avec la succession de Le Pen. Ce sera terrible. Comme les généraux d’Alexandre, ses barons se déchireront, éclateront en diverses tendances, opposant, in fine, les laïcs et les chrétiens. Mais surtout, il faudra, comme dans les monarchies héréditaires, faire une place à la famille, à la fille.

Comme à Waterloo, le chef entretient un dernier espoir. Là-bas, c’était la venue de Grouchy. Ici, c’est la reconquête de l’électorat de Sarkozy. Mais le vieux chef est trop fatigué, il n’y arrivera pas.

Il ne reste plus à Jean-Marie Le Pen qu’à prendre sa retraite, sans doute en Bretagne, ou de demander l’asile aux derniers fascistes d’Europe. A son tour, il sera un émigré.

22.05.2007

La fin de l’ENA

François Bayrou avait proposé, sans doute par provocation, la suppression de l’ENA et son remplacement par une école des services publics.

L’influence de l’ENA, dans l’administration, est compréhensible puisque ce concours difficile a pour mission de recruter les cadres de l’Etat. Elle est devenue insupportable dans l’entreprise privée par le biais du pantouflage, mais surtout dans les partis politiques et à la tête des ministères.

Le RPR et surtout le parti socialiste ont été colonisés par l’ENA jusqu’à la caricature. Le gouvernement de Lionel Jospin a pratiqué cette drogue jusqu’à l’overdose. Qu’on en juge : en 1997, en plus de Matignon, tous les ministères importants : l’intérieur, les affaires étrangères, la justice, la défense nationale, les affaires sociales, l’enseignement avec Ségolène Royal. Quant au parti socialiste, il était lui-même dirigé par un énarque. Lionel Jospin ne faisait confiance qu’aux énarques et lorsqu’il fallut faire quelques remaniements, il renforça l’énarchie avec Laurent Fabius à l’économie et aux finances, avec Michel Sapin à la fonction publique, avec Catherine Tasca à la culture. Même les DOM-TOM eurent droit à un énarque.

Les énarques se partageaient entre le RPR et le PS, négligeant les autres partis conçus comme des entraves à leur conquête du pouvoir. Car, dès leur entrée à l’école, ces jeunes gens, amoureux de Stendhal et Balzac, s’identifiaient les uns à Lucien Leuwen, les autres à Rastignac. Ils avaient les mêmes origines, la grande bourgeoisie parisienne, les mêmes amis de la rive gauche, la même condescendance pour la province où ils venaient les uns après les autres conquérir leurs sièges et leur légitimité.

On a souvent parlé d’une société bloquée, anesthésiée par les textes, croulant sous la réglementation où la tente à oxygène remplace l’air pur. C’est sans doute à l’énarchie politique que nous le devons. L’osmose entre les ministres énarques et leurs directeurs de cabinet, tous sortis de l’énarchie à quelques exceptions près, était totale.

Cette grande tradition du colbertisme fut entretenue par le couple Chirac – Villepin, quel que fût son côté atypique.

Le nouveau gouvernement ne compte plus que deux énarques : Alain Juppé, chargé de l’écologie, et Valérie Pécresse qui a la responsabilité de la recherche. Ni le Président, ni le premier ministre ne sont énarques. La gauche ferait bien de s’inspirer de cet exemple et de se rénover en profondeur pour proposer de nouvelles têtes, de nouvelles élites.

Cinq ans ne seront pas de trop.

21.05.2007

Régime présidentiel

La Constitution de la Vème République reste un sujet de controverse pour les spécialistes du droit public. Sa nature est d’essence parlementaire mais les compétences données au Président de la République dépassent le cadre habituel du régime parlementaire.

Le Président de la République est le pivot du système. Depuis 1962, il est élu au suffrage universel. Il peut dissoudre l’Assemblée. En dehors des périodes de cohabitation, il est le chef naturel de la majorité. En théorie, en application de l’article 20 de la Constitution, c’est le gouvernement qui dirige. La réalité, du fait du système majoritaire, est tout autre. Le Président n’est pas seulement le chef des armées et le représentant de la France à l’étranger, il est le personnage essentiel, la référence de toute politique.

Avec Nicolas Sarkozy, toute référence parlementaire va disparaître au profit d’un véritable régime présidentiel.

Il a façonné le gouvernement et choisi tous les ministres, compétences qui sont normalement celles du Premier Ministre.

Il a imposé le programme puisque le Premier Ministre a pour seule mission de mettre en musique ce qui a été proposé et défendu pendant la campagne électorale du Président. Nul ne le remplacera à la tête de l’UMP.

Il a décidé de s’impliquer dans tous les dossiers. Le meilleur exemple est celui d’EADS ; c’était au Premier Ministre d’intervenir, c’est le Président qui rencontre dirigeants et syndicats de l’entreprise.

Le Président a décidé d’être la référence permanente. Le Premier Ministre devra naturellement s’effacer pour disparaître, lors de la prochaine révision constitutionnelle.

Le risque est, dès lors, grand d’un affrontement direct entre le peuple et son Président qui aura sans doute recours au référendum pour retrouver sa légitimité. On passera alors du parlementarisme au bonapartisme en y ajoutant une fibre sociale. Un peu ce qu’avait préconisé Napoléon III, à la fin de son règne.

René Rémond aurait pu faire une belle analyse de cette droite qui a façonné à sa mesure la Constitution. On comprend un peu mieux pourquoi elle ne veut pas changer la Constitution. Elle lui apporte toute satisfaction.

24.04.2007

La victoire de la démocratie

MOULT a compté, dimanche soir, 1 045 votants pour 1 146 électeurs inscrits, soit un taux de 91,19 % jamais atteint dans la commune.

Cette participation est d’autant plus remarquable que 168 électeurs s’étaient inscrits pour la première fois en 2006 et que 80 % de ces nouveaux électeurs étaient âgés de moins de 40 ans.

Les électrices et les électeurs se sont donc rendus en masse à la mairie, le plus souvent en famille, accompagnés de leurs jeunes enfants. Le dimanche était ensoleillé ; il faisait beau. C’est, parait-il, un encouragement à venir voter. Tant mieux.

Espérons qu’il en sera de même dans quinze jours ainsi que les 10 et 17 juin prochains. C’est en tout cas un moment de bonheur, partagé par tous.

Ce fut sans doute fatal pour le front national puisque, selon l’IFOP, la participation massive a « noyé l’électorat frontiste qui est toujours très mobilisé ».

Il est donc inutile de proposer, comme en Belgique, le vote obligatoire avec sanction financière à la clef.

La France sait donc réserver de belles surprises.

Le printemps de la démocratie.

18.04.2007

Marianne d’Or

La commune de Moult, son conseil municipal, ses habitants, ses employés peuvent être fiers. Elle vient d’obtenir la « Marianne d’Or » qui lui a été remise ce mercredi 18 avril 2007 au Sénat en présence des présidents du Sénat et de l’Assemblée Nationale.

La « Marianne d’Or » a été décernée au titre de l’action culturelle de la commune qui a eu la chance d’avoir de bonnes fées qui se sont penchées sur son berceau. Michel Crépeau, notre ami, et Catherine Tasca, Ministre de la Culture et Sénateur des Yvelines, mais aussi Franz-Olivier Giesbert.

F.O.G. était donc là. L’ami était là. C’est un homme discret qui n’a pas voulu monter sur la tribune. Lui, l’habitué des plateaux de télé, déteste les flashs et fait toujours preuve de retenue. Par volonté de laisser la vedette aux autres. Par élégance.

Franz nous a légué près de 15 000 livres. La bibliothèque de Moult porte son nom et celui de François Mitterrand.

Notre action culturelle dépasse le livre. Moult a commandé et installé des statues contemporaines, l’une consacrée aux oiseaux, les autres aux symboles de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. La commune a commandé une peinture de 5 mètres sur 3 en hommage aux arbres disparus après la tempête de 1999.

Daniel Sciora, Gilgogué, Philippe Bézard sont les artistes peintres, sculpteurs, plasticiens qui ont participé à notre aventure culturelle.

N’oublions pas les concerts, les pièces de théâtres, les contes.

Décidemment, Moult est une petite ville mais elle sait donner l’exemple. La démocratie locale irrigue de son sang la vie quotidienne. Elle est joie et animation.

La Culture a décidemment du bon.

02.04.2007

Bulletins et isoloirs

La démocratie repose sur la sincérité du vote qui doit rester incontestable. Le vote, ce sont des bulletins et un isoloir qui permet d’assurer le secret de celui-ci. Le vote par procuration a permis aux absents de pouvoir s’exprimer sans trop de complications.

Dans les grandes démocraties, le corps électoral se coupe le plus souvent en deux parts égales : d’un côté les conservateurs, d’un autre côté les progressistes. Il n’est donc pas rare de voir des candidats séparés par quelques voix. Ce fut le cas aux Etats-Unis puisque moins de cinq cents électeurs de Floride ont permis à Georges W. Bush d’être élu président au détriment d’Al Gore. Le vote fut, à l’époque, contesté pendant plusieurs semaines tant les machines à voter et à perforer semblaient peu fiables.

Nul ne sait aujourd’hui qui gagnera et avec quelle marge d’écart. Il est vraisemblable que peu de voix sépareront les candidats au premier tour et au second tour de scrutin.

Nul ne doit donc pouvoir remettre en cause le résultat.

Plus d’un million d’électeurs vont cependant voter avec des machines qui ressemblent plus aux bandits manchots des casinos qu’aux urnes traditionnelles. Alençon, Brest et Le Mans dans l’ouest de la France ont fait ce choix qui s’impose à l’électeur qui n’a pas la possibilité de le refuser.

La fiabilité du système est remise en cause par deux Etats, l’Irlande et les Pays Bas et des spécialistes de l’électronique nous assurent que tout peut être trafiqué.

Il est donc urgent de revenir aux instruments traditionnels. Le dépouillement dure un peu plus longtemps ? Qu’importe. Le résultat d’une élection qui pèsera lourdement sur l’avenir de la France peut attendre quelques heures.

Les machines électroniques sont en rupture avec tous nos usages : un bulletin, c’est du papier que l’on touche, que l’on plie, que l’on insère dans une enveloppe. Il existe un contact physique irremplaçable avec l’élection, donc avec le ou la futur(e) élu(e).

Les bureaux de vote permettent d’associer élus et habitants, souvent de jeunes électeurs qui font ainsi leur éducation démocratique.

A vouloir rompre avec tous les symboles de la République, on se précipite dans la société de l’irréel. On perd tout contact avec les charmes de l’acte électoral. Un SMS ne remplacera jamais une belle lettre.

Gardons nos vieux bulletins.

30.03.2007

L'or de Laure

Laure Manaudou écrit l’une des plus belles pages du sport. Elle est magnifique, aussi belle que gracieuse. Avec ses 20 ans, son mètre quatre vingt, sa fluidité, elle fait rêver.

Elle donne l’impression d’avoir inventé la pierre philosophale. Tout ce qu’elle touche se transforme en or. Après la victoire sur 400 mètres nage libre, l’une des compétitions les plus dures qui nécessite vitesse et résistance, elle remporte le 200 mètres en pulvérisant le record du monde.

Entre temps, elle a gagné une autre médaille d’argent. Et en plus, elle nous annonce d’autres victoires.

Quand on lui demande comment elle va savourer son titre, elle répond : « je vais aller voir mon chéri ».

Car Laure est amoureuse d’un bel Italien. Elle le déclare partout. En dehors de Victoria, son mot est Amore.

Tous les dix ans, la France change de Marianne. Nous avons eu Brigitte Bardot et Catherine Deneuve. Il y a quelques années, les maires ont été sollicités pour faire connaître leur préférence. J’avais choisi Laetitia Casta, Normande par sa mère.

Aujourd’hui, en 2007, alors même qu’une femme peut devenir présidente de la République, la France s’enflamme pour son ondine qui mérite bien d’être ciselée par nos sculpteurs pour devenir notre nouvelle Marianne.

Ainsi, dans chaque salle de conseil municipal de France, il y aura le tableau de Ségolène et la sculpture de Laure.

De quoi faire rêver tous les Français.

20.03.2007

Le traité de Rome

Le traité de Rome a été signé le 25 mars 1957, il y a donc cinquante ans.

Maurice Faure, Président du parti radical, représentait la France dans la grande salle du capitole à Rome. Agé de 35 ans, il appartenait au cabinet de Guy Mollet en qualité de secrétaire d’Etat chargé des affaires étrangères.

La IVème République vivait ses derniers moments.

Après la guerre d’Indochine perdue en 1954, après l’affaire du canal de Suez où elle se ridiculisa en 1956, elle se débattait en Algérie. Minée de l’intérieur, ayant abandonné le pouvoir aux centurions qui voulaient prendre en Algérie leur revanche, la France montrait cependant l’exemple en se réconciliant avec l’Allemagne et en construisant l’Europe avec le Benelux, l’Italie et l’Allemagne.

C’était l’époque de la pleine puissance de l’Empire soviétique, les lendemains du stalinisme qui venait d’assassiner la révolution hongroise.

Après Robert Schuman, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer, après Jean Monnet également, Maurice Faure et le parti radical s’engageaient dans la création de l’Europe, assurant la paix pour cinquante ans. Pour la première fois depuis le traité de Verdun en 843, l’Europe allait connaitre la paix. Elle sortait de deux guerres mondiales et la France de trois combats fratricides avec les Allemands. Elle avait failli échouer avec la communauté européenne de défense. Il fallait relancer l’Europe par l’économie, avoir l’intuition qu’avant le militaire et la monnaie, l’Europe se ferait par l’intégration économique, par le marché commun.

En 1957, Maurice Faure croyait en la supranationalité, à la règle de la majorité. Le Général de Gaulle, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’état militaire du mois de mai 1958, imposera le concept de l’Europe des états avec, pour base, la règle de l’unanimité.

La France gaullienne ne voulait renoncer à aucune parcelle de souveraineté. Elle restait marquée par son empire et sa grandeur, son rang comme disait le Général. L’euroscepticisme s’engouffrait dans cette brèche et continue de marquer les Français malgré les efforts de François Mitterrand et de Jacques Delors.

Décidément, les Français sont passés maîtres dans l’art de se tirer une balle dans le pied.

14.03.2007

Maigre bilan

Des derniers discours de Jacques Chirac, nous retiendrons son invitation à ne jamais composer avec l’extrémisme.

Le Président a prononcé les mots qu’il fallait : « ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre. L’extrémisme divise. Il pervertit, il détruit. »

Une condamnation définitive du Front National. Un avertissement sans frais pour l’UMP et Nicolas Sarkozy.

En dehors de ces belles paroles, quel bilan à mettre à l’actif de Jacques Chirac : le refus de rentrer en guerre aux côtés des Etats-Unis en Irak, la baisse du nombre de morts sur la route, la construction du musée des Arts Premiers.

Le Président avait été élu en 1995 sur le thème de la fracture sociale. L’échec est total. La France s’est enrichie et jamais les Rmistes n’ont été si nombreux.

Le Président avait été réélu en 2002 par plus de quatre Français sur cinq et il n’a agi que pour les plus favorisés. Il est enfin le grand responsable du refus de l’Europe. Quelle différence avec François Mitterrand !

La presse étrangère ne s’y est pas trompée. Selon « the Independant », il a passé 12 années de présidence désœuvrée, réalisant remarquablement peu. Le Daily Telegraph est impitoyable : « il était selon l’humeur, un défenseur du libre marché et un protectionniste, un gaulliste et un atlantiste, un fédéraliste et un eurosceptique. »

Der Spiegel et die Welt soulignent le caractère dévastateur du refus du référendum sur l’Europe. La France est désormais, selon la presse allemande, rabaissée et discréditée.

Depuis 2005, la politique étrangère de la France est inexistante ; elle n’a pas su capitaliser son refus d’entrée en guerre, elle s’est brouillée avec les dix Etats dont la Pologne qui ont permis l’élargissement de l’Europe. Son rôle au Proche-Orient en dehors du Liban est nul, elle n’a pas signé avec l’Algérie un vrai traité de paix.

A la différence de Charles de Gaulle et de François Mitterrand, Jacques Chirac n’éprouvait aucune attirance pour l’écriture. Il ignorait superbement la musique. Nul ne l’a vu assister à l’un des opéras de Mozart pour le deux cent cinquantième anniversaire du divin Amadeus.

Il laissera le Musée du Quai Branly consacré aux arts premiers. Ce musée portera sans doute son nom et finalement ce sera justice car il n’était pas évident de comprendre et aimer ces civilisation si lointaines.

Que Jacques Chirac se survive par la culture n’est pas le moindre des paradoxes. Il rejoindra ainsi son mentor, Georges Pompidou.

06.03.2007

Parrainages

Il fallait jadis cent signatures d’élus pour pouvoir présenter sa candidature à l’élection présidentielle.

Certains farfelus, parfois pathétiques, en ont profité pour se présenter à la magistrature suprême. Je me rappelle Marcel Barbu qui affronta le Général de Gaulle et fut le premier en dehors des partis politiques à se présenter au vote des Français.

Car l’enjeu est d’importance. C’est la possibilité d’avoir accès aux médias, c’est la certitude de disposer de fonds d’Etat permettant de lancer une campagne.

Il faut désormais cinq cent signatures. A l’évidence, ce chiffre n’empêche pas la dispersion. Et la gauche se souvient des divisions de 2002. Près de dix candidats à gauche et à l’extrême gauche avec un résultat : la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Mais de nombreux élus ne veulent plus la diversité. D’autres, courageux, exigent l’anonymat. Ils ne donnent donc plus leur signature aux « petits candidats ».

Ceux-ci s’en offusquent et crient au crime, au non respect de la démocratie. Parrainer ne serait pas soutenir. Mais, l’électeur veut de la clarté ; il n’admet pas que l’on puisse soutenir un candidat et donner sa signature à un autre. Il veut de la transparence.

Reste cependant un problème de taille : le tamis des élus ruraux est sympathique mais il ne correspond plus à la réalité de la France d’aujourd’hui. Que le Maire de Paris dispose d’une voix et le Maire d’une commune de dix habitants dispose également d’une voix m’apparait choquant. Cette égalité est factice, en trompe l’œil.

Ségolène Royal vient de proposer d’associer le peuple souverain à l’initiative législative : un million de personnes pourront saisir le Parlement. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour la présentation à l’élection présidentielle lorsque le candidat ne parvient pas à avoir ses cinq cents signatures ?

Un million d’électeurs, cela compte. Ainsi, les grands mouvements d’opinion pourront être présents.

Faire confiance aux électeurs, quoi de plus normal en démocratie ?

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