16/05/2012

Le bon choix

François Hollande a choisi Jean-Marc Ayrault comme premier ministre.

Il a eu raison.

Jean-Marc Ayrault est un maire respecté qui a transformé sa ville pour en faire l’une des capitale de l’Atlantique. C’est un passionné de culture et de musique. Chacun connaît les folles journées de Nantes qui rassemblent tous les amoureux de la musique classique et les meilleurs des interprètes.

Je l’ai bien connu à l’Assemblée nationale. Je siégeais derrière lui alors même qu’il avait pour voisin François Hollande. Il dirigeait le groupe socialiste avec autorité et Michel Crépeau, son collègue, président du groupe RCV, mon ami, ne lui ménageait pas son amitié.

Nous avons besoin de lui pour négocier avec l’Allemagne qu’il connaît mieux que quiconque. Certains voient en lui un « Fillon de gauche ». Ce sera bien autre chose car il a la confiance du président de la République qui a décidé de se cantonner à l’essentiel.

Tout se passe bien en ces jours qui suivent la victoire. Même le coup de foudre qui est tombé sur le Falcon du président a permis de dérider la chancelière.

Alles ist gut, zehr gut.

04/04/2012

Tenir

A15 jours du premier tour des élections présidentielles, un état des lieux s'impose.

François Hollande garde sa position de favori de l'élection, même si Nicolas Sarkozy semble le dépasser au premier tour selon la majorité des sondages d'opinion. Le président sortant est pugnace, il ne renonce jamais. Sa droitisation lui a permis d'éliminer d'autres candidats et de cantonner le vote d'extrême droite.

Pour l'instant, le paysage politique, si l'on croit encore aux sondages, est marqué par l'effondrement de François Bayrou. Son discours est lisse pour ne pas dire plat. Il n'accroche plus et reste inaudible sur le projet européen. L'avenir de l'Europe pour ce centriste matiné des idéaux de Robert Schuman devrait être une ardente obligation. Il n'en est rien. Il était 3ème en 2007 au soir du premier tour. Il terminera vraisemblablement 5ème. Il rejoindra les écologistes qui ont pourtant eu la chance que Corine Lepage ne soit pas candidate. Pauvre Eva Joly qui a fait savoir qu'elle se verrait bien garde des Sceaux en soupirant que personne ne lui proposera de poste et en tout cas pas la chancellerie.

La grande surprise aura été la percée de Jean-Luc Mélenchon. Chaque élection assure la promotion du 3ème homme. Jadis Lacanuet, Duclos, Chirac, Bayrou. Aujourd'hui Mélenchon. Cette percée est due à un talent d'orateur hors du commun, à l'appui de la presse qui façonne l'opinion. Son programme est ahurissant mais tout le monde s'en moque. Il a rassemblé toute l'extrême gauche, les écolos, les cocos et les bobos. Un tour de force.

Que faut-il faire pour François Hollande ? Infléchir à gauche son programme ? Cela serait suicidaire. François Hollande doit rassembler au second tour et les électeurs de Mélenchon et les électeurs de Bayrou. S'il se gauchit de trop, il perd tout. Il lui reste à reprendre des thèmes européens : la politique de croissance, les fonds de cohésion, la paix permise et assurée par l'Europe. Il vient d'obtenir un appui remarqué de Marie-Georges Buffet qui a fait savoir qu'il n'était pas question de discuter entre les deux tours mais simplement de se désister pour le candidat arrivé en tête.

François Hollande avait annoncé 60 propositions. Avec intelligence, il vient de rebondir en assurant la promotion de 30 projets la première année du quinquennat. Et de plus, des mesures seront aussitôt prises par décret par le nouveau gouvernement avant que les députés ne soient installés.

Le 3ème étage de la fusée en quelques sorte après l'annonce du programme puis du discours du Bourget.

François Hollande gagnera ainsi avec le même score que Sarkozy en 2007 : 53 %. C'est que lui promet Régis Debray.

Rêvons donc tous ensemble.

30/03/2012

Stupidité jusqu'à l'extrême

Nous sommes à moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle et nous devons subir un système stupide qui organise de façon méticuleuse l'égalité absolue du temps de parole entre les candidats qui ont obtenu 500 parrainages.

La vie politique s'est arrêtée au moment où les Français veulent être informés sur les programmes des candidats. Un véritable déni de démocratie. Le conseil constitutionnel, pourtant dirigé par un président de qualité, a validé l'absurde. Chacun de ses membres mérite de porter un bonnet d'âne. La rigueur, oui, la rigidité, non.

Nous sommes donc condamnés à écouter Monsieur Cheminade, les deux trotskistes et Monsieur Dupont Aignan. Plus aucun débat sur le programme économique et social des principaux candidats. C'est invraisemblable. Monsieur Mélenchon propose le SMIG à 1 700 € soit une augmentation de 50 %. Pourquoi s'arrête-t-il en si bon chemin et ne propose-t-il pas 2 000 €, soit un peu mieux que 2 fois le seuil de pauvreté ? Monsieur Mélenchon nous dit qu'au-dessus de 360 000 € par an, il prend tout, selon la formule de Georges Marchais. Son compère, Monsieur Laurent, responsable du parti communiste, est dans l'incapacité de nous dire si ce plafond s'applique au foyer fiscal ou à la part fiscale. On descend donc à 180 000 €. Est-ce normal ? Est-ce démagogique ?

Il nous indique que les salaires doivent être plafonnés de 1 à 20. Pourquoi pas de 1 à 5 et pourquoi ne pas rétablir une stricte égalité à la retraite ?

Autant discuter devant tous les Français que de laisser au soir du premier tour quelques apparatchiks s'entendre entre eux comme entre les socialistes et les verts. Accord politique et programmatique que nombre de socialistes veulent tailler en pièces au vu du résultat annoncé de Madame Eva Joly.

Alors oui, cette loi d'égalité devant les médias est stupide, idiote, antidémocratique. Pourquoi le gouvernement qui en connaissait les méandres l'a-t-il laissée en place ? Pourquoi députés et sénateurs n'ont-ils rien fait pour y remédier ? Mystère.

Il faudra bien, dès les premiers jours du gouvernement, s'attaquer à cette réglementation qui corsète la République et proposer par ailleurs des alternatives aux 500 parrainages.

La démocratie passe aussi par l'explication, l'argumentation que l'on rend désormais impossible au moment où les électeurs ont tant besoin de clarté et de visibilité. On voudrait renforcer l'abstention que l'on ne s'y prendrait pas mieux.