22.05.2007
La fin de l’ENA
François Bayrou avait proposé, sans doute par provocation, la suppression de l’ENA et son remplacement par une école des services publics.
L’influence de l’ENA, dans l’administration, est compréhensible puisque ce concours difficile a pour mission de recruter les cadres de l’Etat. Elle est devenue insupportable dans l’entreprise privée par le biais du pantouflage, mais surtout dans les partis politiques et à la tête des ministères.
Le RPR et surtout le parti socialiste ont été colonisés par l’ENA jusqu’à la caricature. Le gouvernement de Lionel Jospin a pratiqué cette drogue jusqu’à l’overdose. Qu’on en juge : en 1997, en plus de Matignon, tous les ministères importants : l’intérieur, les affaires étrangères, la justice, la défense nationale, les affaires sociales, l’enseignement avec Ségolène Royal. Quant au parti socialiste, il était lui-même dirigé par un énarque. Lionel Jospin ne faisait confiance qu’aux énarques et lorsqu’il fallut faire quelques remaniements, il renforça l’énarchie avec Laurent Fabius à l’économie et aux finances, avec Michel Sapin à la fonction publique, avec Catherine Tasca à la culture. Même les DOM-TOM eurent droit à un énarque.
Les énarques se partageaient entre le RPR et le PS, négligeant les autres partis conçus comme des entraves à leur conquête du pouvoir. Car, dès leur entrée à l’école, ces jeunes gens, amoureux de Stendhal et Balzac, s’identifiaient les uns à Lucien Leuwen, les autres à Rastignac. Ils avaient les mêmes origines, la grande bourgeoisie parisienne, les mêmes amis de la rive gauche, la même condescendance pour la province où ils venaient les uns après les autres conquérir leurs sièges et leur légitimité.
On a souvent parlé d’une société bloquée, anesthésiée par les textes, croulant sous la réglementation où la tente à oxygène remplace l’air pur. C’est sans doute à l’énarchie politique que nous le devons. L’osmose entre les ministres énarques et leurs directeurs de cabinet, tous sortis de l’énarchie à quelques exceptions près, était totale.
Cette grande tradition du colbertisme fut entretenue par le couple Chirac – Villepin, quel que fût son côté atypique.
Le nouveau gouvernement ne compte plus que deux énarques : Alain Juppé, chargé de l’écologie, et Valérie Pécresse qui a la responsabilité de la recherche. Ni le Président, ni le premier ministre ne sont énarques. La gauche ferait bien de s’inspirer de cet exemple et de se rénover en profondeur pour proposer de nouvelles têtes, de nouvelles élites.
Cinq ans ne seront pas de trop.
L’influence de l’ENA, dans l’administration, est compréhensible puisque ce concours difficile a pour mission de recruter les cadres de l’Etat. Elle est devenue insupportable dans l’entreprise privée par le biais du pantouflage, mais surtout dans les partis politiques et à la tête des ministères.
Le RPR et surtout le parti socialiste ont été colonisés par l’ENA jusqu’à la caricature. Le gouvernement de Lionel Jospin a pratiqué cette drogue jusqu’à l’overdose. Qu’on en juge : en 1997, en plus de Matignon, tous les ministères importants : l’intérieur, les affaires étrangères, la justice, la défense nationale, les affaires sociales, l’enseignement avec Ségolène Royal. Quant au parti socialiste, il était lui-même dirigé par un énarque. Lionel Jospin ne faisait confiance qu’aux énarques et lorsqu’il fallut faire quelques remaniements, il renforça l’énarchie avec Laurent Fabius à l’économie et aux finances, avec Michel Sapin à la fonction publique, avec Catherine Tasca à la culture. Même les DOM-TOM eurent droit à un énarque.
Les énarques se partageaient entre le RPR et le PS, négligeant les autres partis conçus comme des entraves à leur conquête du pouvoir. Car, dès leur entrée à l’école, ces jeunes gens, amoureux de Stendhal et Balzac, s’identifiaient les uns à Lucien Leuwen, les autres à Rastignac. Ils avaient les mêmes origines, la grande bourgeoisie parisienne, les mêmes amis de la rive gauche, la même condescendance pour la province où ils venaient les uns après les autres conquérir leurs sièges et leur légitimité.
On a souvent parlé d’une société bloquée, anesthésiée par les textes, croulant sous la réglementation où la tente à oxygène remplace l’air pur. C’est sans doute à l’énarchie politique que nous le devons. L’osmose entre les ministres énarques et leurs directeurs de cabinet, tous sortis de l’énarchie à quelques exceptions près, était totale.
Cette grande tradition du colbertisme fut entretenue par le couple Chirac – Villepin, quel que fût son côté atypique.
Le nouveau gouvernement ne compte plus que deux énarques : Alain Juppé, chargé de l’écologie, et Valérie Pécresse qui a la responsabilité de la recherche. Ni le Président, ni le premier ministre ne sont énarques. La gauche ferait bien de s’inspirer de cet exemple et de se rénover en profondeur pour proposer de nouvelles têtes, de nouvelles élites.
Cinq ans ne seront pas de trop.
08:14 Publié dans Institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ENA, énarques, administration

