09.03.2007

Disparités

Le salaire horaire des femmes est inférieur de 20 % à celui des hommes. Et pourtant, le code du travail sanctionne de telles discriminations. Autre chiffre : 27 % des emplois de cadres sont occupés par des femmes. Selon la DARES, service du ministère du travail, les femmes sont plus diplômées que les hommes. Les disparités salariales varient le plus souvent en fonction de la situation familiale du cadre. L’écart n’est que de 1 % pour les salariés vivant seuls et sans enfant. Mais il atteint et dépasse 20 % pour les salariés sans enfant vivant en couple. « La vie en couple accroit la disponibilité des hommes cadres dans leur emploi, leur conjointe consacrant alors plus de temps à l’éducation des enfants et aux tâches domestiques. » En ce 8 mars, journée de la femme, ces chiffres méritent d’être médités. L’égalité homme – femme n’existe pas dans le monde du travail et que dire des grandes sociétés, celles du CAC 40, dont la quasi-totalité des dirigeants sont des hommes. La présidente du Chili, Michelle Bachelet, a pris la mesure de ces injustices. Elle affirme que « la participation des femmes aux plus hautes responsabilités dans la société est un pas vers l’égalité. » Ségolène Royal veut s’inspirer de Sophocle qui remarquait avec ironie que « lorsqu’une femme est à égalité avec un homme, elle devient son supérieur. » Elire une femme présidente de la République sera, à l’évidence, une révolution culturelle. Je ne sais s’il existe une approche féminine de la prise du pouvoir mais je suis certain que l’exercice du pouvoir sera en rupture avec tout ce que nous avons connu. Un article du Monde observait « que les diverses civilisations ont construit avec une force inouïe un modèle d’infériorité, y compris dans la tête des femmes. La domination masculine constitue un modèle universel qui régit l’ensemble des sociétés. » Rompre ce cycle infernal est une ardente obligation. Nous nous y attèlerons et le réveil sera dur pour conservateurs et machistes.