30.04.2007

Dialogue

Ségolène Royal et François Bayrou se sont donc rencontrés samedi matin sur BFM télévision et RMC ainsi que devant 2 journalistes de la presse écrite.

Ce fut un dialogue de qualité, utile pour la démocratie. Que Nicolas Sarkozy refuse de discuter avec le leader centriste qui a rassemblé 7 millions de voix reste incompréhensible.

Plusieurs sujet furent abordés : les institutions, la démocratie, l’Europe, l’économie, les problèmes de société. Convergences et cohérences ont permis de constater que Ségolène et François Bayrou s’accordent sur l’essentiel. Le reste est pour plus tard.

Ce qui les rapproche : la vision d’un Etat impartial, le sens de l’intérêt général, la volonté de sortir d’un système bloqué. Ils veulent des majorités d’idées qui permettent le rassemblement et non la division.

Ce qui les sépare : le rôle de l’Etat. Ségolène croit à l’Etat, à son rôle d’impulsion, à ses services publics et sa fonction publique. François Bayrou reste sur une ligne libérale oubliant ce que disait LACORDAIRE au XIXème siècle : « c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit ».

Ségolène Royal a su, durant cette première semaine qui sépare les deux tours de l’élection présidentielle faire du dialogue sa marque de fabrique.

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy se produisait avec Johnny Halliday et quelques autres ringards sans doute pour parler d’évasion fiscale.

Mais, le grand débat est pour mercredi soir. Il sera utile et peut-être déterminant. Les deux projets apparaitront un peu mieux.

Que l’on parle de la France et des Français. Qu’avec pédagogie, on expose les vertus d’un ordre juste et d’une société apaisée.

Il faudra bien sortir des combats de coq et construire tout ce qui n’a pas été fait depuis 2002.

Rappelons donc simplement qu’il y a l’homme du bilan, Nicolas Sarkozy, et la femme du projet, Ségolène Royal.

22.03.2007

Les emplois Bayrou

François Bayrou aurait découvert une solution miracle, en quelque sorte la pierre philosophale ou la poudre de Perlimpinpin : chaque entreprise qui embauchera deux salariés en CDI sera dispensée de payer les charges sociales sur ces deux emplois pendant cinq années. Il parie, grâce à cette diminution de charges, sur la création de 400 000 emplois.

Une fausse bonne idée.

La plupart des PME crée plus de deux emplois en cinq années. La mesure ne servira donc, la plupart du temps, à rien du tout. Elle constituera le plus souvent une aubaine et coûtera fort cher aux régimes sociaux.

Ainsi, à titre d’exemple puisque la mesure s’appliquera à tous les salariés gagnant entre le SMIC et 5 000 euros, et en retenant un taux de charge minimum de 40 % :
2 000 € X 40 % X 60 mois = 48 000 €.

Selon l’institut de conjoncture Rexecode, la mesure ne permettrait que la création de 90 000 emplois mais elle coûterait à la collectivité : 48 000 € X 90 000 = 4,3 milliards d’euros. Et si l’on retient les 400 000 emplois promis, plus de 19 milliards d’euros.

Certes, tous les emplois ne sont pas rémunérés (2 000 €) et le coût sera soit plus fort, soit plus faible en fonction de la rémunération du salaire retenu.

Pourquoi faut-il donc toujours jouer sur les charges sociales qui assurent le paiement des retraites, l’indemnisation de la maladie et l’aide des familles nombreuses ?

La sécurité sociale connait des déficits abyssaux, le système de retraite explose, les Français ont de plus en plus d’enfants et la situation miracle serait de baisser les charges sociales. C’est à ne plus rien y comprendre.

La cour des comptes ne s’y est pas trompée. Elle critique les allègements des charges et propose tout au plus de les limiter aux salaires inférieurs à 1,3 SMIC ainsi qu’aux PME.

L’intérêt des emplois Bayrou réside dans le fait que les mesures en cause sont limitées aux CDI. Les aides sociales doivent en effet être concentrées sur les CDI à temps plein. Car le CDI, on ne le soulignera jamais assez, rassure le salarié, le producteur, lui permet de s’épanouir dans son entreprise, dans sa vie personnelle.

N’est-ce pas là l’essentiel ?