11.05.2007
Un centriste courageux
L’homme est courageux et se compare souvent à un chef de bédouins traversant le désert. De telles équipées sont longues et sont marquées par les abandons voire les trahisons. Ainsi, le Général de Gaulle de 1947 à 1958, ainsi François Mitterrand de 1958 à 1965. L’un et l’autre ont vu la victoire récompenser leur patience. Mais, Pierre Mendès-France quitte le pouvoir en 1954 pour ne jamais le retrouver.
L’entreprise est donc hasardeuse.
C’est sans doute pourquoi la grande majorité des députés UDF ont préféré les délices de Capoue au sang et aux larmes promises par Churchill.
A gauche, il serait stupide de négliger ou mépriser les efforts de François Bayrou. Ségolène Royal a suffisamment souligné les points de convergence : Etat impartial, humanisme, Europe, justice sociale.
Le Député-Maire de Lyon, Gérard Colomb, s’est dit prêt à tendre la main aux amis de François Bayrou. Jean-Marc Ayrault ne dit rien d’autre. Le parti socialiste doit se prononcer le week-end prochain. Il ne serait pas bon d’avoir une ligne politique en zigzag.
Michel Crépeau rappelait toujours que la politique est l’art des additions. Faisons donc preuve de réalisme et de bon sens en recherchant des majorités d’idées face au bloc conservateur alimenté par les voix d’extrême droite.
08:44 Publié dans Campagne de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : François Bayrou, Ségolène Royal, centrisme
27.04.2007
Briseuse de tabous
François Mitterrand avait théorisé au cours des années soixante-dix l’alliance à gauche du parti socialiste. Son intuition puis son action furent simples : faire du PS un parti pivot, s’allier avec le PC pour le détruire, agir comme une mante religieuse, s’appuyer enfin sur quelques sympathiques radicaux qu’il s’appliqua à mettre sous la tente à oxygène, avec une certaine tendresse, il est vrai.
Les alliés de gauche des socialistes ont alors subi le vote utile, la main de fer dans un gant de velours.
Les communistes ont donc disparu de la scène politique. Leur affaiblissement est tel qu’ils ne pourront sauver quelques circonscriptions qu’en obtenant une investiture dès le premier tour, ce qu’ils firent pour certains d’entre eux en 2002 en invoquant le risque de voir le front national rester seul en lice avec la droite.
Les verts ne savent plus où donner de la tête. Leur score est à quelques voix le même que celui des communistes. La faute à Hulot ? Mais fait observer cruellement Yves Cochet : « 253 sondages ont donné Dominique Voynet à 1 ou 2 % avant Hulot, pendant Hulot, et après Hulot ».
La gueule de bois pour les anciens alliés de la gauche plurielle.
Restent les radicaux qui ont eu l’intelligence de soutenir Ségolène Royal dès le premier tour et de négocier des sièges aux élections législatives.
Ils seront les seuls rescapés des législatives si Ségolène l’emporte le 6 mai prochain.
Mais la candidate est allée beaucoup plus loin, avec un réalisme à la Mitterrand, elle a aussitôt pris en compte le score réalisé par François Bayrou dont de nombreux électeurs sont à l’évidence révoltés par le comportement de Nicolas Sarkozy.
Ségolène n’y est pas allée de main morte. Elle a tout d’abord indiqué que le pacte présidentiel n’était pas intangible. Tout est discutable. Elle a proposé ensuite, en s’appuyant sur le parrainage de Jacques Delors et de Romano Prodi, de confier des portefeuilles aux centristes qui l’appuieraient. Elle s’est engagée, dans une discussion ouverte, publique, avec le responsable centriste.
De quoi donner le tournis au moment où elle recevait l’appui d’Arlette Laguiller et d’Olivier Besancenot.
Mais elle a raison.
Elle fonce. Elle en devient brillante à la télé avec Arlette Chabot.
Sarkozy n’a plus qu’à tenter des manœuvres de diversion. Agir sur les médias pour empêcher un dialogue Bayrou – Royal. Aller jusqu’à prétendre qu’il est anticonstitutionnel (thèse de Santini) d’organiser un débat entre la numéro 2 et le numéro 3 de la compétition.
Pitoyable.
Mais le fait est là : la première semaine qui sépare les premier et deuxième tours a été monopolisée par Ségolène et François Bayrou. Ils ont exclu Sarkozy qui continue son débauchage des élus centristes.
Mais l’élection présidentielle, ce n’est pas quelques élus plus ou moins usés et fatigués qui la font ; c’est le rapport direct entre la candidate et les électeurs.
Ségolène y excelle. Elle vient de renverser les tabous socialistes. Avec un art consommé, elle avait éliminé Fabius et Strauss-Kahn.
En quelques jours, elle vient d’imposer la sociale démocratie.
08:50 Publié dans Campagne de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : élection présidentielle, Ségolène Royal, François Bayrou, Nicolas Sarkozy
16.03.2007
Combat frontal
Faut-il pour autant reprendre les litanies du programme commun et s’afficher sur les thèses les plus maximalistes ? Ségolène Royal a gagné voix et confiance en s’affirmant comme la championne de la justice sociale et de l’ordre juste. Chaque fois qu’elle a incarné alternative et nouveauté, elle a gagné et su convaincre.
Qu’elle soit elle-même, demandent les électeurs dont plus de 60 % ne font plus confiance ni à la droite, ni à la gauche.
Ségolène Royal peut rassembler l’ensemble des électeurs qui ne veulent ni de l’extrême droite, ni de Sarkozy. Elle le fera au second tour à condition d’apparaitre aux électeurs démocrates et centristes comme le défenseur de la République et de ses valeurs.
Certes, il faut passer l’obstacle du premier tour, mais Ségolène y parviendra en défendant son pacte présidentiel, moderne et porteur d’avenir.
Qu’elle différencie avec soin programme économique et social, réforme des institutions avec les grandes causes nationales que doit porter le Président de la République et sur lesquelles peuvent se rassembler tous les Français :
- La lutte contre l’obésité qui risque de devenir, comme aux Etats-Unis, un fléau pour notre jeunesse.
- La lutte contre la maladie d’Alzheimer qui accentue la déchéance.
- La lutte contre la fraude fiscale afin de redonner aux Français le sens de l’éthique.
Une même candidate peut mener un combat sans concession contre un centre qui n’a pas trouvé son point de gravité et affirmer une volonté de rassemblement autour des idéaux de justice sociale et d’humanisme.
Ne désespérer de rien et ne jamais insulter l’avenir.
08:31 Publié dans Campagne de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Laurent Fabius, François Bayrou, Nicolas Sarkozy, pacte présidentiel, obésité, Alzheimer

