20.03.2007

Le traité de Rome

Le traité de Rome a été signé le 25 mars 1957, il y a donc cinquante ans. Maurice Faure, Président du parti radical, représentait la France dans la grande salle du capitole à Rome. Agé de 35 ans, il appartenait au cabinet de Guy Mollet en qualité de secrétaire d’Etat chargé des affaires étrangères. La IVème République vivait ses derniers moments. Après la guerre d’Indochine perdue en 1954, après l’affaire du canal de Suez où elle se ridiculisa en 1956, elle se débattait en Algérie. Minée de l’intérieur, ayant abandonné le pouvoir aux centurions qui voulaient prendre en Algérie leur revanche, la France montrait cependant l’exemple en se réconciliant avec l’Allemagne et en construisant l’Europe avec le Benelux, l’Italie et l’Allemagne. C’était l’époque de la pleine puissance de l’Empire soviétique, les lendemains du stalinisme qui venait d’assassiner la révolution hongroise. Après Robert Schuman, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer, après Jean Monnet également, Maurice Faure et le parti radical s’engageaient dans la création de l’Europe, assurant la paix pour cinquante ans. Pour la première fois depuis le traité de Verdun en 843, l’Europe allait connaitre la paix. Elle sortait de deux guerres mondiales et la France de trois combats fratricides avec les Allemands. Elle avait failli échouer avec la communauté européenne de défense. Il fallait relancer l’Europe par l’économie, avoir l’intuition qu’avant le militaire et la monnaie, l’Europe se ferait par l’intégration économique, par le marché commun. En 1957, Maurice Faure croyait en la supranationalité, à la règle de la majorité. Le Général de Gaulle, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’état militaire du mois de mai 1958, imposera le concept de l’Europe des états avec, pour base, la règle de l’unanimité. La France gaullienne ne voulait renoncer à aucune parcelle de souveraineté. Elle restait marquée par son empire et sa grandeur, son rang comme disait le Général. L’euroscepticisme s’engouffrait dans cette brèche et continue de marquer les Français malgré les efforts de François Mitterrand et de Jacques Delors. Décidément, les Français sont passés maîtres dans l’art de se tirer une balle dans le pied.