01.06.2007
Ridicule
Le « Clem » attend toujours son sort en rade de Brest.
L’ère Sarkozy s’ouvre sur une nouvelle errance. Celle du Colbert. Magnifique croiseur amarré à Bordeaux, il faisait depuis longtemps partie du paysage. Aussi rouillé et amianté que le Clémenceau, le Colbert devait rejoindre lui-aussi la rade de Brest. On l’attacha donc à un remorqueur pour sortir du golfe de Guyenne. Que croyiez-vous qu’il advint ? Les filins se brisèrent et le Colbert menace de s’échouer ou de partir, tel le vaisseau fantôme, dans les mers du Sud ou du Nord entamer un chant wagnérien.
Nul ne sait si des terroristes ont rompu les amarres du Colbert. On aurait envie de rigoler à gorge déployée et de lever des verres à la santé du nouveau ministre de la défense si on ne nous annonçait pas la construction d’un nouveau porte-avions.
Pauvre défense française. Pauvre marine française. Elles n’avaient pas besoin de cela. A Cherbourg, on a trouvé une solution pour les sous-marins atomiques, on les a sortis de l’eau et on organise leur visite à la cité de la mer. C’est toujours mieux que d’en faire des casinos flottants, sort qui devait être réservé au France, joyau de la marine marchande en l’amarrant au large de Deauville.
Décidemment, la défense nationale, ce n’est pas une sinécure.
08:34 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, croiseur, porte-avions Clémenceau, Colbert
31.05.2007
Premiers couacs
Les moyens pour y arriver : des déductions fiscales accordées sur les intérêts des emprunts. Lesquelles ? Pendant combien de temps ? Avec quel plafond ? Combien cela coûtera-t-il au budget de l’Etat ?
Les réponses sont vaseuses, contradictoires. Il a d’abord été annoncé que la mesure ne s’appliquerait qu’aux acquisitions postérieures au 6 mai, date de l’élection du Président. Puis, hier, au Havre, le Président a supprimé cette condition. La mesure sera donc générale.
Il a également été annoncé que la somme serait limitée à 20 % des intérêts. Puis, cela a été démenti sans que l’on sache si l’avantage fiscal couvre le montant intégral des intérêts.
L’avantage est immense pour ceux qui acquièrent des propriétés de prix. Il en devient scandaleux pour ceux qui peuvent acheter une maison d’un million d’euros et qui paient des impôts importants puisque la déduction s’appliquera sur les plus hautes tranches de l’impôt.
Quant à ceux qui ne sont pas imposables mais qui doivent payer des intérêts, on parle d’un remboursement mis à la charge du fisc.
Tout cela sent l’improvisation, le cadeau fiscal à la veille des élections législatives alors même que la mesure relève de la loi.
Le coût pour le budget de l’Etat sera, selon Monsieur Devedjian, de trois à quatre milliards d’euros pour 2007. Un nouveau déficit alors même que les dépenses sociales viennent d’exploser puisqu’on annonce dix milliards de trou pour l’année en cours.
Le déficit budgétaire va s’aggraver d’autant et la France aura toutes les difficultés à respecter ses engagements européens en termes de déficit.
Magnifique cadeau pour 700 000 accédants à la propriété qui va, à l’évidence, renchérir le coût du foncier et de l’immobilier sans qu’aucune mesure fiscale ne soit prévue pour taxer les bénéfices actuellement réalisés par les propriétaires de terrains constructibles.
Il était pourtant simple de proposer une autre mesure : étendre le bénéfice du prêt à 0 % qui existe depuis 1997. Monsieur Vorms, directeur de l’agence nationale d’information sur le logement, a pu préciser qu’en 2006, 235 000 prêts à taux zéro avaient été distribués pour un montant moyen de 15 000 euros et un coût pour l’Etat d’environ 750 millions d’euros.
Mais l’UMP préfère favoriser les foyers aisés et laisser de côté les foyers modestes. Cela nous coûtera 4 milliards. Une bagatelle pour le Président.
A quand la prochaine mesure de diminution de l’ISF ou de suppression de droits sur les successions ?
08:42 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emprunts, immobilier, déductions fiscales, accession à la propriété, Nicolas Sarkozy
25.05.2007
Racaille le Rouge
Le Général qui n’a rien à voir avec Alcazar affirme que son seul rival n’a pas été Mitterrand, mais Tintin. Quant à Nicolas, il ressemble à Rackham le Rouge, capitaine pirate qui lutta avec le Chevalier de Haddock. Rackham finit par exploser et Tintin retrouva au château de Moulinsart le trésor de Rackham le Rouge.
Hergé a réussi un exploit. Depuis plus d’un demi-siècle, il a marqué la jeunesse de tous les pays. Des centaines de millions de BD ont été vendues et encore actuellement, jeunes et moins jeunes, achètent chaque année un million de bandes dessinées consacrées à Tintin.
L’œuvre est inusable. Son caractère est universel.
Les personnages sont extraordinaires même si l’on peut regretter que l’éternel féminin prenne les traits de la Castafiore, rossignol milanais qui ne connait que l’air des bijoux de Faust.
L’univers d’Hergé semble parfaitement coller à la réalité : l’Afrique, bien sûr, avec le Congo, mais aussi l’Amérique du Sud ou l’Amérique centrale avec les Picaros et les batailles de Picrochole qui opposent des Etats minuscules dirigés par Alcazar ou Tapioca, manipulés par des marchands d’armes. La notoriété de Tintin en Chine est une réalité incontournable.
Un tintinôlatre a souligné que la grande force d’Hergé était « de représenter des idées, plus que des objets ou des personnages. »
Tintin est allé sur la lune avec le Capitaine et Tournesol. Il n’a pas emmené Rackham le Rouge. Pourquoi donc Plantu a-t-il dessiné Racaille le Rouge à la une du Monde.
A qui pensait-il ?
A Iznogoud ?
08:20 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Plantu, Le Monde, Rackham le Rouge, Nicolas Sarkozy
24.05.2007
La photo du Président
Nicolas Sarkozy avait, ces derniers jours, joué la nouveauté : il se faisait photographier avec de beaux et jeunes enfants, tout heureux d’être avec leur père à l’Elysée. Tous les jours, on le voit faire son jogging en short et tee-shirt. On pouvait s’attendre à quelque chose de décoiffant.
La rumeur laissait entendre qu’il avait choisi un photographe « people », Philippe Warrin, qui travaille pour les stars du show-biz.
Le résultat est affligeant.
Le Président apparaît en premier communiant, engoncé dans un nouveau costume qui pourrait faire croire qu’il part à la mairie pour une cérémonie de mariage.
Il pose devant de vieux bouquins, comme les radicaux chenus de la IIIème République. On ne lui voit qu’une main, la gauche de surcroit. Le regard est indéfinissable. Le teint naturellement bronzé depuis son séjour sur le yacht de la famille Bolloré.
Il se dit que Sarkozy veut ressembler à Kennedy. C’est raté.
08:19 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, photographie présidentielle, Philippe Warrin
21.05.2007
Régime présidentiel
Le Président de la République est le pivot du système. Depuis 1962, il est élu au suffrage universel. Il peut dissoudre l’Assemblée. En dehors des périodes de cohabitation, il est le chef naturel de la majorité. En théorie, en application de l’article 20 de la Constitution, c’est le gouvernement qui dirige. La réalité, du fait du système majoritaire, est tout autre. Le Président n’est pas seulement le chef des armées et le représentant de la France à l’étranger, il est le personnage essentiel, la référence de toute politique.
Avec Nicolas Sarkozy, toute référence parlementaire va disparaître au profit d’un véritable régime présidentiel.
Il a façonné le gouvernement et choisi tous les ministres, compétences qui sont normalement celles du Premier Ministre.
Il a imposé le programme puisque le Premier Ministre a pour seule mission de mettre en musique ce qui a été proposé et défendu pendant la campagne électorale du Président. Nul ne le remplacera à la tête de l’UMP.
Il a décidé de s’impliquer dans tous les dossiers. Le meilleur exemple est celui d’EADS ; c’était au Premier Ministre d’intervenir, c’est le Président qui rencontre dirigeants et syndicats de l’entreprise.
Le Président a décidé d’être la référence permanente. Le Premier Ministre devra naturellement s’effacer pour disparaître, lors de la prochaine révision constitutionnelle.
Le risque est, dès lors, grand d’un affrontement direct entre le peuple et son Président qui aura sans doute recours au référendum pour retrouver sa légitimité. On passera alors du parlementarisme au bonapartisme en y ajoutant une fibre sociale. Un peu ce qu’avait préconisé Napoléon III, à la fin de son règne.
René Rémond aurait pu faire une belle analyse de cette droite qui a façonné à sa mesure la Constitution. On comprend un peu mieux pourquoi elle ne veut pas changer la Constitution. Elle lui apporte toute satisfaction.
08:30 Publié dans Institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, régime présidentiel, constitution
16.05.2007
Regrettable ambigüité
En ces temps troublés, se rendre à l’invitation de Nicolas Sarkozy pour discuter de tout et de rien est, à l’évidence, un élément de confusion. Nicolas Sarkozy constitue un gouvernement et tant que celui-ci ne sera pas définitif, le rencontrer est inutile, pour ne pas dire nuisible. En tout cas, l’électeur, prévenu par la radio, n’y comprend rien.
Que dire de la proposition de rencontres avec un parti de droite dirigé par l’un des principaux ministres de l’UMP, Monsieur Borloo ? Stratégie proposée à la fin d’une rencontre avec Monsieur Sarkozy. C’est à la fois inutile et dangereux. Je regrette et condamne ces éléments de confusion entretenus par le Président de mon parti. Bien évidemment, en tant que Vice-Président du parti, je n’ai été consulté sur rien. Le pouvoir solitaire n’a jamais donné de bonnes choses en politique.
Les radicaux de gauche sont les alliés du parti socialiste. Qu’ils discutent en dehors des périodes électorales avec ceux de l’autre rive, pourquoi pas ? Mais, actuellement, cela est insupportable.
On ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment.
Après une défaite, il faut resserrer les rangs, se remotiver puis contre-attaquer.
Le Radicalisme n’a rien à faire de ces manœuvres dignes des couloirs de la IVème République.
Nous devons nous préparer à affronter le désert. Ayons donc un peu de colonne vertébrale. C’est ainsi qu’on reste droit.
08:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, PRG, radicaux
15.05.2007
La soupe
On avait déjà eu Eric Besson qui recevra ou ne recevra pas un plat de lentilles de la part du nouveau pouvoir.
Ces tentatives de débauchage, sous prétexte d’ouverture me donne des hauts le cœur.
Un autre Nicolas écrivit en 1513 « Le Prince ». Toutes les techniques de retournement des individus y sont décrites avec un art consommé. Machiavel aurait donc un lointain descendant à Neuilly.
Reste Bernard Kouchner qui a toujours eu le sentiment de ne pas être estimé à sa juste valeur. Il essaya, mais en vain, lorsqu’il était membre du PRG, de trouver une circonscription pour rencontrer l’électeur rural qui est plus difficile à convaincre que les bobos de la rive gauche.
J’ignore ce que décidera Bernard Kouchner mais voudrais lui raconter ce que vécut mon ami Stefan Meller, ambassadeur de Pologne à Paris. Le dernier gouvernement de la droite extrême, au pouvoir à Varsovie, en fit un ministre de l’ouverture chargé des affaires étrangères de la Pologne. Stefan Meller était un grand historien, spécialiste de Danton, ami de Wajda, et de l’intelligentzia parisienne. Il servit, pendant quelques mois, de caution européenne mais, devant le nationalisme des frères jumeaux qui dirigent la Pologne, il fut contraint de remettre sa démission. Il n’avait servi à rien.
Un ministre des affaires étrangères, en France, doit vivre en osmose avec le Président de la République. Il doit devancer ses choix, devenir son interprète, son avocat, vanter ses mérites dans toutes les cours d’Europe et du reste du monde.
Il est, certes, agréable de dîner au Quai d’Orsay, d’être adulé par les belles femmes qui fourmillent dans les ambassades et de fréquenter les dirigeants de la planète. Mais, la réalité reste cruelle. Elle écrase et broie tout ministre des affaires étrangères qui veut exister par lui-même.
Il faudra bien faire un choix, soit un poste de petit télégraphiste comme le pensait méchamment François Mitterrand, soit rester une référence pour ceux qui ont cru que 1968 n’était pas seulement la chienlit.
Bernard Kouchner a fait rêver avec les « French Doctors ». N’est-ce-pas plus important que de brouiller une image toujours fraîche ?
Les oubliettes de l’histoire sont proches car n’est pas Talleyrand qui veut.
08:38 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner
14.05.2007
Pouvoir absolu
Le pouvoir absolu, c’est bien sûr la concentration de tous les pouvoirs. Sur le plan économique, tout d’abord : jamais il n’y a eu un tel rapprochement, certains disent une telle collusion entre Nicolas Sarkozy et les détenteurs du pouvoir économique. Le MEDEF a, bien sûr, inspiré ses propositions même si Laurence Parisot a fait preuve de retenue dans son soutien. Mais l’amitié, les liens tissés entre Nicolas Sarkozy et les principales puissances financières et industrielles du pays dépassent tout ce qu’on a connu. Georges Pompidou venait, il est vrai, de la banque ; il était le fondé de pouvoir de Guy de Rothschild, un homme au demeurant remarquable qui pouvait s’honorer d’avoir eu un comportement d’exception durant la deuxième guerre mondiale.
Avec Nicolas Sarkozy, on va bien au-delà. Il nous a révélé que Martin Bouyghes l’appelait tous les jours. Chacun connait désormais sa proximité avec Vincent Bolloré, avec Edouard de Rothschild, avec Arnaud Lagardère pour ne pas oublier messieurs Dassault et Pinault.
François Mitterrand aimait la compagnie des écrivains. Nicolas Sarkozy préfère celle des milliardaires.
Le pouvoir économique, c’est aussi celui des médias qui appartiennent le plus souvent aux cimentiers et aux marchands de canons, eux-mêmes proches du nouveau Président de la République. « Libération » et « Le Monde » se sont, il est vrai, ressaisis. Mais, pour combien de temps ? Quant au conseil supérieur de l’audiovisuel, il saura prendre en compte les vœux de l’Elysée.
L’autorité judiciaire pourrait donner quelques soucis, mais les postes de décision, plus ou moins névralgiques, ont fait l’objet de subtiles nominations des amis de la droite.
Le conseil constitutionnel a bien à sa tête un chiraquien qui ne doit rien à Nicolas Sarkozy, mais compter sur Jean-Louis Debré comme ultime défenseur de la République relève d’un hasardeux paradoxe.
Reste donc l’Assemblée nationale. Il n’y aura pas, à l’évidence, de cohabitation. Les Français auront à choisir les 10 et 17 juin prochains :
- soit ils confortent jusqu’à l’excès le pouvoir présidentiel qui a prévenu qu’il ne procèderait à aucune réforme de fond de la constitution. Nous conserverons donc le 49-3 et les ordonnances, moyens déjà utilisés par messieurs de Villepin et Sarkozy pour faire passer en force les réformes sociales.
- soit ils rééquilibrent en élisant des députés de gauche.
Il nous faut constituer un môle républicain pour défendre les acquis sociaux, les services publics, pour imposer une juste répartition des efforts et des profits. La République doit être à l’écoute de tous et le système majoritaire n’a pas vocation à amplifier jusqu’à l’extrême le résultat présidentiel. Il ne faudrait pas, avec 53 % des voix, obtenir 75 % voire plus du nombre des députés.
Alors, mobilisons toutes nos énergies car c’est l’avenir du pays qui est en jeu.
08:35 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, présidentielles, pouvoir absolu
09.05.2007
Fouquet’s
En pleine victoire, il s’est en engouffré, ce mardi soir, à 20 heures 30, avec Johnny Halliday et quelques copains du Show Biz au Fouquet’s sur les Champs Elysées. Ce magnifique établissement vient d’être retapé par la chaîne Barrière. On peut y boire de l’eau claire à 15 €. Au-delà des mots de compassion, le geste était significatif. Tout le monde aura droit de déjeuner au Fouquet’s et bientôt de dormir au Ritz.
Un mauvais gout parfait qui sentait la France des bourgeois pleins de soupe. Il ne manquait plus que des havanes gros comme des barreaux de chaise.
On s’est suffisamment gaussé de la gauche caviar pour ne pas voir un symbole de la nouvelle république du Sarkoland dans ces ripailles du nouveau maître de l’Elysée.
En son temps, Michel Crépeau, ministre du commerce, était allé prendre un café au Fouquet’s, puis, éberlué par l’addition, s’était plaint au maître des lieux. Sans résultat, aucun.
Dîner au Fouquet’s… et pourquoi ne pas aller guincher au New Jimmy’s puis offrir à Cécilia un bain dans du lait d’ânesse dont raffolait Agrippine.
Un dernier conseil : transférer l’Elysée à Versailles et remplacer Lully par Johnny, Molière par d’Ormesson et enfin Rameau par Mireille Mathieu.
Giscard avait voulu donner un nouveau rythme à la marche de la garde consulaire à Marengo. Il ne nous reste plus qu’à entendre dans la chapelle royale de Versailles les « Indes Galantes » relookées par Clavier et chantées par Doc Gyneco.
08:23 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Fouquet's, groupe Barrière
07.05.2007
Et maintenant ?
Il a réussi à apparaître comme l’homme de la rupture alors qu’il était le principal ministre de Jacques Chirac et le Président de l’UMP. Un tour de force qui nous interpelle.
Au « tout-sauf-Sarkozy », il fallait sans doute mieux utiliser le rejet du bilan de la majorité sortante.
Il a réussi à rassembler la droite et l’extrême droite. Les frontistes veulent un chef, ils avaient un vieux sanglier épuisé par les ans. Ils se sont reportés tout naturellement sur un homme volontariste qui n’hésitait pas à reprendre à son compte idées et programme de Le Pen.
Il faut donc faire bloc et reconstruire. Se rassembler dans un premier temps. Utiliser la technique des légions romaines pour parer les attaques des conservateurs ou encore utiliser la mise en carrés comme dans les armées de Napoléon. Métaphores guerrières sans doute. Mais, à écouter les critiques qui commencent à courir, il est vital dans un premier temps de tenir, réconforter, réagir.
Il faudra bien reconstruire. Le congrès d’Epinay est enterré. La gauche française doit, comme en Europe, faire son aggiornamento. Le mur de Berlin est tombé et seule la gauche française n’en a pas tiré les conséquences. Il y eut, certes, les victoires des régionales et des européennes mais les Français se prononçaient contre Chirac et Raffarin et non pour une gauche renouvelée.
La social-démocratie est à l’esprit de tous. A Ségolène Royal de s’imposer si elle le peut, faute de quoi, c’est le nouveau parti de François Bayrou qui deviendra la force d’opposition, la force de référence.
Deux mots sur les résultats normands : la Normandie n’est pas la Bretagne qui a voté Ségolène, mais les résultats dans le Calvados sont prometteurs, en particulier à Caen et dans la circonscription de Vire qui donne 49 % à Ségolène : Vire, Condé-sur-Noireau, Verson, Thury-Harcourt, Soliers, la plupart des communes importantes ont voté à gauche et le Bocage à tenu.
Pour les législatives, ces scores compteront. Aux Français de savoir s’ils veulent une chambre bleu-horizon avec tous les risques de dérives que nous connaissons ou s’ils souhaitent une politique moins brutale. Les délices du pouvoir absolu sont autant de poisons.
Il nous reste cinq semaines pour nous rassembler et convaincre.
08:40 Publié dans Nicolas Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, élection présidentielle 2007

