12.06.2007

Coup de bambou

L’UMP peut comptabiliser 45,65 % des électeurs au premier tour des élections législatives. Le PS et ses alliés atteignent 27,64 %.

Certains parlent de bipolarisation puisque les autres formations politiques ont pratiquement disparu. A la trappe donc le MODEM, les Verts, le PC, le Front National.

La réalité est cruelle. A l’instar des Etats-Unis sur le plan international, nous venons de découvrir le concept de l’hyper-puissance au niveau national.

Au palais Bourbon, l’UMP aura donc tous les sièges ou à peu près. Quelques strapontins seront réservés aux socialistes, radicaux et communistes. La logique du scrutin majoritaire est infernale puisque, à la limite, avec 577 voix d’avance, soit une voix par circonscription, on peut rafler les 577 sièges.

Il faut bien sûr résister, reprendre la stratégie du hérisson, tenir bon, appeler à la mobilisation.

Le réveil sera cruel car les Français zappent à la vitesse grand V. En 2002, ils ont éliminé la gauche du second tour de l’élection présidentielle. En 2004, ils lui ont donné une revanche en écrabouillant la droite, la virant de la quasi-totalité des régions. Fillon, à l’époque, voulait à son tour abandonner la politique et prendre un deux-pièces à Venise pour y retrouver Juppé qui nous avait fait part de son amour immodéré pour les gondoles.

En 3 ans, nous avons donc tout perdu.

Combien de temps faudra-t-il pour la reconquête ? Sarkozy est persuadé de sa force, estimant représenter en même temps et la majorité et l’opposition. Il oublie que la vieille division entre la gauche et la droite est une réalité de toujours qui remonte à la révolution française et sans doute à l’ancien régime.

Qu’il relise René Rémond.

La roche tarpéienne est toujours aussi proche du Capitole.

16.05.2007

Regrettable ambigüité

Après les tentatives de débauchage individuel, réalisées avec un art consommé par Nicolas Sarkozy, il nous faut faire preuve de clarté politique.

En ces temps troublés, se rendre à l’invitation de Nicolas Sarkozy pour discuter de tout et de rien est, à l’évidence, un élément de confusion. Nicolas Sarkozy constitue un gouvernement et tant que celui-ci ne sera pas définitif, le rencontrer est inutile, pour ne pas dire nuisible. En tout cas, l’électeur, prévenu par la radio, n’y comprend rien.

Que dire de la proposition de rencontres avec un parti de droite dirigé par l’un des principaux ministres de l’UMP, Monsieur Borloo ? Stratégie proposée à la fin d’une rencontre avec Monsieur Sarkozy. C’est à la fois inutile et dangereux. Je regrette et condamne ces éléments de confusion entretenus par le Président de mon parti. Bien évidemment, en tant que Vice-Président du parti, je n’ai été consulté sur rien. Le pouvoir solitaire n’a jamais donné de bonnes choses en politique.

Les radicaux de gauche sont les alliés du parti socialiste. Qu’ils discutent en dehors des périodes électorales avec ceux de l’autre rive, pourquoi pas ? Mais, actuellement, cela est insupportable.

On ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment.

Après une défaite, il faut resserrer les rangs, se remotiver puis contre-attaquer.

Le Radicalisme n’a rien à faire de ces manœuvres dignes des couloirs de la IVème République.

Nous devons nous préparer à affronter le désert. Ayons donc un peu de colonne vertébrale. C’est ainsi qu’on reste droit.